J’ai eu mon premier toucher rectal aujourd’hui.
Ça fesse hein une phrase comme ça ?! Ben oui, j’ai des douleurs dans l’aine depuis plusieurs mois, et depuis une semaine, je sens de l’inflammation à l’abdomen. Pu capable de m’endurer, je me suis retrouvée à l’urgence de l’hôpital. Après bien sûr des heures et des heures d’attente, je me retrouve dans une petite salle, assise sur la table d’examen, vêtue seulement d’une jaquette d’hôpital. Ma mère m’accompagne, pour la première fois depuis bien longtemps. C’est dire qu’on est inquiet.
La femme médecin finit enfin par arriver et écoute mon récit. Elle me pose un tas de questions de plus en plus intimes : le nombre de partenaires sexuels depuis un an, est-ce que j’utilise le condom, des douleurs lors des rapports sexuels, etc. Je sens bien la soupe chaude qui s’en vient. Mal à l’aise, avec l’air de faire une plaisanterie, je suggère à ma mère de sortir. Mais soudainement, dans un même souffle, le médecin se lève et m’annonce qu’elle va me faire un examen gynécologique et un toucher rectal. Un…je dois me redire sa dernière phrase dans ma tête, le temps qu’elle monte au cerveau et que je prenne conscience de sa signification. Pas le temps de réagir, elle cherche ses instruments, ses gants... et la voilà déjà avec le speculum badigeonné de sauce mortelle prête à me fourrer ça dans le vagin comme on fourre une dinde pour Noël. Stop ! Que je lance en serrant les jambes et en me tordant sur le côté. Je fais des allergies à cette saloperie de gel ! J’essaie d’atteindre mon sac à main du bout des doigts, mais incapable, supplie ma mère, cachée derrière le rideau, de venir y chercher mon lubrifiant au chanvre. J’avais acheté cette petite merveille avec l’idée d’en faire un tout autre usage, mais il semble qu’elle soit finalement destinée à une utilisation plus pragmatique.
Imaginez alors la scène, moi allongée, les pattes écartées, les pieds dans les étriers la floune à l’air, les bobettes dans les mains, en jaquette d’hôpital, la femme médecin prête à me pénétrer et ma mère me tendant le tube de lubrifiant… Seigneur ! Que ta fierté s’en fait enlever un ti morceau ! Mais le pire était encore à venir…
Après avoir retiré la quincaillerie, le médecin remet vite fait du gel sur deux doigts de son gant et me demande de prendre un grand respire et de forcer comme pour aller à la selle et floush, elle me fourre les doigts direct dans l’derrière en me laissant sans voix, les yeux ronds, la bouche ouverte. Et ma mère, toujours silencieuse derrière son pan de tissus. Moi qui ai toujours refusé qu’on introduise quoi que ce soit dans cet orifice, pas même le moindre suppositoire, me voilà flanquée des doigts du médecin comme un poulet pognassé par son boucher et ce, en présence de celle qui m’a mise au monde. Ha vraiment, ma première fois, je ne l’aurais jamais imaginée comme ça.
Mais nous n’en sommes pas au comble qui acheva de partir avec mon amour propre. Après avoir retiré ses doigts, la médecin inspecte la matière pâteuse qui y est restée collée (Mmm) et s’inquiète de la couleur rougeâtre qu’elle présente : Ho tiens, on dirait du sang dans tes selles… à moins que… aurais-tu mangé des betteraves dernièrement ? Glup ! Qu’ajouter à cela ? Heu… oui… que je réponds le visage crispé en demi-sourire. Que je voudrais être ailleurs !
Le coup fatal
En fin de journée à la maison, ma mère sur le point de se coucher me lance tout bonnement : « Mais voudrais-tu ben me dire pourquoi elle t’a fait un toucher rectal ? » Pfffouii, au seul souvenir absurde de la chose, on s’esclaffe en même temps. La poussière étant tombée, nous voilà alors à en reparler et à en rire, à grands coups de « derrière », « de lubrifiant » et de « toucher rectal » lancés la fenêtre ouverte à qui mieux mieux sans retenu, comme pour évacuer la tension de la journée et retrouver un brin d’orgueil durement perdu. Jusqu’à ce qu’on entende… la porte du voisin qui se referme, pulvérisant définitivement le peu d’estime qui me restait. Il était sur le balcon ! Haaaaaaaaaa !
mercredi 29 août 2007
dimanche 5 août 2007
Le Festival de jazz de Montréal rencontre le Festival des rythmes du monde de Saguenay
Je suis au Lac-Saint-Jean depuis une semaine. En région comme on pourrait dire et hier,
je suis allée au Festival des rythmes du monde à Saguenay. Ben, disons plutôt à Chicoutimi, parce que trouvez-moi quelqu’un de la région qui dit Saguenay ! Après une semaine de village, plage et campagne, je me suis dit qu’un bon bain de foule, de ville et de musique du monde me ferait le plus grand bien. Je ne savais quand même pas trop à quoi m’attendre. On m’avait dit : « Tu vas voir, c’est un beau festival qui a remporté plusieurs prix. » Moi, fidèle du Festival de Jazz à chaque année, je me suis attendue au pire pour qu’on n’ait qu’à me surprendre.
Ça a bien commencé. Je trouve une place de stationnement juste à côté. 1-0 Chicoutimi ! Toute énervée d’être tant choyée par la chance, je m’apprête à immobiliser ma voiture dans la côte, met sur reculons en pensant être d’avant, prend un élan pour pas reculer dans la pente et rentre dans l’auto en arrière ! Un Gros 4 X 4 rouge de l’année… au bumper maintenant renfoncé ! Toujours sur ma chance, un gars de la sécurité a tout vu et m’offre de m’aider. Mouaip, moi qui pensais m’en sauver avec un message laissé dans le pare-brise. Sont-tu fins en régions, ben attentionnés ! Je lui dis que j’ai besoin de rien, que je suis en train de laisser un message au propriétaire. Il insiste, me dit qu’il va me trouver un policier pour faire un rapport et m’assurer un bon dossier. Moi, voyant le chiâre, le temps passé à expliquer et à remplir des papiers, le remercie à nouveau et l’assure que je vais m’en occuper. Après discussion, et rerediscussion, il finit par partir. Fins, ben ben fin les gens en région… Ben le vlà tu pas qu’il revient, encore, en me disant fier de lui : « Je suis en train de te trouver un policier, tu vas voir t’auras pas à t’occuper de rien ». Bon, pas le choix, va falloir se fâcher un ti peu ! Après son réel départ suite à l’avoir remis poliment à sa place, je prends quelques photos, loin d’être les premières que j’avais prévu prendre : des photos de bumpers amochés ! Seigneur ! Que je me dis, solide le gros 4 4, en voyant de plus gros dommages sur lui que sur ma petite Acura ! Je l’imagine mal pogner un chevreuil sur le chemin !
Nous v’là enfin dans la foule ! D’abord des kiosques de trucs à vendre. Mais pas la peine de s’y attarder, les mêmes qu’au Festival Nuits d’Afrique ! Par contre, en passant devant l’un d’eux, le bruit de voitures de course capte mon attention. Un des exposants offre d’essayer un nouveau jeu vidéo de course automobile ! Heu… quelqu’un peut m’expliquer le lien avec le Festival ? N’ayant pas manger encore, on cherche un petit resto pour manger un truc : du poulet patates frittes, des pâtes et pizzas ou des sous-marin, la Racine, pas diable mieux que la Ste-Catherine ! Jusqu’à ce que, surprise, caché derrière une vitrine ordinaire de boutique, on tombe sur un petit café sympathique, full grano, full végé, full équitable ! Des tables et des chaises dépareillées, une section carrément placée sur une scène de spectacle, prête pour la scène de famille dans la cuisine de 1960 ! Une fille avec des dreds assise à une table. Un petit menu de sateh, noix, légumes et fèves noires ! On se serait cru dans un petit bouiboui de Victoria sur l’Île de Vancouver !
Bien repues, on est prêtes pour notre premier show ! Parcourant le programme disponible sur place, on se rend compte que beaucoup d’autres spectacles ont eu lieu durant la journée, dont aucune trace n’était visible sur le site Internet. Il y avait même des démonstrations de danse. Dommage ! Un point pour le Festival de jazz où on retrouve l’horaire complet et même des extraits des groupes. En route vers la scène, au milieu d’une bounch de gars au chandail noir, rouge ou bleu marin avec des marques de bicik dessus, je croise des pas pires numéros au beau petit style. Mmm yen a des pas trop mal des petits gars de Chicoutimi ! Ils sont arrivés en ville ! Un groupe du Tchad est sur scène. Très bons. Des rythmes qui font bouger les pieds et des chants qui nous font imaginer le soleil couchant comme étant celui d’Afrique. « La différence entre les morts et les vivants, c’est que nous on bouge ! clâme le chanteur. Qu’est-ce que vous faites quand tout va bien ? Nous on bouge ! » « Nous autre on boé d’la biére ! » qu’un spectateur répond ! Ouf ! Retour dret en région ! Et qu’est-ce qu’on fait quand ça va mal ? que moi je me dis : on boit d’la biére !
Le spectacle pas fini, on quitte quand même pour le début du prochain, Zuruba, un groupe de percussion brésilienne. On n’est pas tout seul à s’être déplacés pour eux, étant venus l’an passé, le groupe est connu et bien aimé des Saguenéens. « Brésil » qui était écrit sur le programme. 25 sur scène, 1 ou 2 sont brésiliens, les autres… Montréal Beach. Après avoir moffé leur entrée : bonjour, on est content et ben content d’être avec vous, êtes-vous content…et la moitié ayant manqué le départ de la première toune, embarquant ensuite un à la fois comme des survivants d’un naufrage sautant dans un canot de sauvetage déjà en mer, le chanteur nous a chanté Maghalena avec un accent québécois à la Dédé Fortin des Colocs qui rapait « La traversée du Lac-St-Jean ». Le son est mauvais. Très mauvais. Tous les sons étant fondus l’un dans l’autre comme un gros bouilli de légumes qu’on a fait cuire trop longtemps et dont on ne reconnaît plus les petites fèves du chou ni des carottes ! Il faut dire que ce ne doit pas être facile d’ajuster le son dans une petit rue comme la rue Racine où ont lieu les spectacles. Et comme si c’était pas assez, les nombreux restaurants y ont installé une immense terrasse qui déborde sur la rue. Très sympathique et bien sûr agréable pour les gens qui s’y prélasse avec un verre de… biére tout en profitant du spectacle, mais bien encombrant pour les autres, obligés de faire la queue leu leu d’une scène à l’autre puisque situées chacune aux extrémités de la rue. Nos oreilles n’en pouvant plus, on reswitch pour un autre show. Néanmoins, en regardant autour de nous, il semble, à les voir danser, qu’il y en a beaucoup qui se foute bien de l’amateurisme du groupe. Tant mieux pour eux !
Le prochain spectacle se veut une démonstration de percussions. Le gars, seul sur scène, ne semble pas avoir compris qu’on ne se trouve pas dans une petite salle intime du Vieux-Terrebonne, mais plutôt en plein cœur de fêteux qui sont là pour swinger et dont plusieurs commencent d’ailleurs à se trouver dans un état plutôt avancé. Il aurait sûrement valu la peine qu’on s’y attarde un peu plus, mais moi aussi, je suis là pour taper du pied. Retour donc aux on-se-prend-pour-des-brésilien-mais-on-est-plutôt-des-baragouineurs-des-tamstams-du-Mont-Royal qui n’en finissent plus de terminer leur dernière toune et, comble du malheur, nous forcent un rappel, alors que plus personne n’applaudissait. Après une heure d’attente, le prochain groupe est enfin sur scène… un groupe de République dominicaine ! Ha non, mais où est passé le groupe d’Algérie ? Un petit coup d’œil à la foule autours nous suffit pour nous plonger dans un bain de touristes canayens avides de retrouver les rythmes de leur tout-inclus à Puerto Plata. Shakant leur tit oeuf maracas à 5 piastres – vendus pour amasser des fonds pour le prochain Festival - en suivant une toune imaginaire, nous n’en endurerons pas davantage. Un coup d’œil au programme m’informe que ce spectacle dû à 9h30 accuse un retard d’une demi-heure et le spectacle pour lequel nous nous sommes déplacées au Festival est commencé depuis une heure ! Heureusement, il semble qu’ils aient eux aussi débuté en retard et qu’ils n’en soient qu’au début de leur prestation. Pas très logique l’horaire des spectacles, même avec juste deux scènes et avec les retards, on est facilement déroutés.
Après avoir à nouveau franchi le tapon de monde entre les deux spectacles, nous voilà au cœur d’une foule tout à fait différente. Beaucoup plus cool, grano et gypsy. À les voir danser, il semble qu’ils aient quand à eux voyagé hors des sentiers balisés. À part l’un d’eux, qui à sa veste de cuir, à sa barbe et sa queue de cheval, ainsi qu’à son air de motard émêché, semble avoir plutôt voyagé d’un creux village du Lac-Saint-Jean pour venir se saoûler en ville ! Mais heureux comme un pape, le sourire fendu jusqu’aux oreilles, il danse, mais il danse, les bras en l’air pis toute ! La musique arabe a su venir l’atteindre. Quand même ! Un couple en avant de moi s’ouvre une bouteille de bière. Bien tiens, ils tolèrent les bouteilles ! Pas sitôt ouverte, v’là mon gars de la sécurité qui réapparaît pour leur rappeler le règlement : « Choisi, je confisque ta bière ou tu la cales ! » (…) Je me rends alors compte qu’une autre énorme différence à laquelle je n’avais pas fait attention jusqu’ici distingue le festival de Chicoutimi : le pot ! Alors qu’à Montréal, on baigne dans des effluves de marijuana et qu’on se passe le joint comme on se passe le paquet de gommes, ici, pas une seule odeur de produit illicite. Un point pour qui cette fois ?
Et le groupe ? Le meilleur ! Maktoub ! Un vrai de vrai groupe professionnel ! Un groupe comme j’aime en découvrir au Festival de jazz de Montréal. C’était débile ! Des rythmes arabes mais aussi très rock’n roll. Pas moyen de rester sur place, là on a dansé pour vrai ! Pas surprenant que notre ami motard s’est laissé emporté. Alors qu’on croyait quitter après deux chansons, nous ne sommes parties qu’à la toute fin du rappel. Encore !
Il faut alors retourner au Lac. À une heure de route ! On est ici loin du 10 min en bicyclette ! Un dernier point pour Montréal. Finalement, qui remporte le duel ? Bien sûr, il est difficile de rivaliser avec ce dernier, mais, malgré ses inégalités dues j’espère à son manque d’expérience, le Festival des rythmes du monde de Chicoutimi possède les ingrédients pour valoir le détour, et il possède à tout le moins le pouvoir de sortir les « régionaux » de leur Megadeth et Marie-Hélène Thibert pour leur faire découvrir tout un univers musical international. Et ça c’est grandement bienvenu. Et juste pour ça, je cours m’acheter mon petit œuf casse-les-oreilles !
je suis allée au Festival des rythmes du monde à Saguenay. Ben, disons plutôt à Chicoutimi, parce que trouvez-moi quelqu’un de la région qui dit Saguenay ! Après une semaine de village, plage et campagne, je me suis dit qu’un bon bain de foule, de ville et de musique du monde me ferait le plus grand bien. Je ne savais quand même pas trop à quoi m’attendre. On m’avait dit : « Tu vas voir, c’est un beau festival qui a remporté plusieurs prix. » Moi, fidèle du Festival de Jazz à chaque année, je me suis attendue au pire pour qu’on n’ait qu’à me surprendre.
Ça a bien commencé. Je trouve une place de stationnement juste à côté. 1-0 Chicoutimi ! Toute énervée d’être tant choyée par la chance, je m’apprête à immobiliser ma voiture dans la côte, met sur reculons en pensant être d’avant, prend un élan pour pas reculer dans la pente et rentre dans l’auto en arrière ! Un Gros 4 X 4 rouge de l’année… au bumper maintenant renfoncé ! Toujours sur ma chance, un gars de la sécurité a tout vu et m’offre de m’aider. Mouaip, moi qui pensais m’en sauver avec un message laissé dans le pare-brise. Sont-tu fins en régions, ben attentionnés ! Je lui dis que j’ai besoin de rien, que je suis en train de laisser un message au propriétaire. Il insiste, me dit qu’il va me trouver un policier pour faire un rapport et m’assurer un bon dossier. Moi, voyant le chiâre, le temps passé à expliquer et à remplir des papiers, le remercie à nouveau et l’assure que je vais m’en occuper. Après discussion, et rerediscussion, il finit par partir. Fins, ben ben fin les gens en région… Ben le vlà tu pas qu’il revient, encore, en me disant fier de lui : « Je suis en train de te trouver un policier, tu vas voir t’auras pas à t’occuper de rien ». Bon, pas le choix, va falloir se fâcher un ti peu ! Après son réel départ suite à l’avoir remis poliment à sa place, je prends quelques photos, loin d’être les premières que j’avais prévu prendre : des photos de bumpers amochés ! Seigneur ! Que je me dis, solide le gros 4 4, en voyant de plus gros dommages sur lui que sur ma petite Acura ! Je l’imagine mal pogner un chevreuil sur le chemin !
Nous v’là enfin dans la foule ! D’abord des kiosques de trucs à vendre. Mais pas la peine de s’y attarder, les mêmes qu’au Festival Nuits d’Afrique ! Par contre, en passant devant l’un d’eux, le bruit de voitures de course capte mon attention. Un des exposants offre d’essayer un nouveau jeu vidéo de course automobile ! Heu… quelqu’un peut m’expliquer le lien avec le Festival ? N’ayant pas manger encore, on cherche un petit resto pour manger un truc : du poulet patates frittes, des pâtes et pizzas ou des sous-marin, la Racine, pas diable mieux que la Ste-Catherine ! Jusqu’à ce que, surprise, caché derrière une vitrine ordinaire de boutique, on tombe sur un petit café sympathique, full grano, full végé, full équitable ! Des tables et des chaises dépareillées, une section carrément placée sur une scène de spectacle, prête pour la scène de famille dans la cuisine de 1960 ! Une fille avec des dreds assise à une table. Un petit menu de sateh, noix, légumes et fèves noires ! On se serait cru dans un petit bouiboui de Victoria sur l’Île de Vancouver !
Bien repues, on est prêtes pour notre premier show ! Parcourant le programme disponible sur place, on se rend compte que beaucoup d’autres spectacles ont eu lieu durant la journée, dont aucune trace n’était visible sur le site Internet. Il y avait même des démonstrations de danse. Dommage ! Un point pour le Festival de jazz où on retrouve l’horaire complet et même des extraits des groupes. En route vers la scène, au milieu d’une bounch de gars au chandail noir, rouge ou bleu marin avec des marques de bicik dessus, je croise des pas pires numéros au beau petit style. Mmm yen a des pas trop mal des petits gars de Chicoutimi ! Ils sont arrivés en ville ! Un groupe du Tchad est sur scène. Très bons. Des rythmes qui font bouger les pieds et des chants qui nous font imaginer le soleil couchant comme étant celui d’Afrique. « La différence entre les morts et les vivants, c’est que nous on bouge ! clâme le chanteur. Qu’est-ce que vous faites quand tout va bien ? Nous on bouge ! » « Nous autre on boé d’la biére ! » qu’un spectateur répond ! Ouf ! Retour dret en région ! Et qu’est-ce qu’on fait quand ça va mal ? que moi je me dis : on boit d’la biére !
Le spectacle pas fini, on quitte quand même pour le début du prochain, Zuruba, un groupe de percussion brésilienne. On n’est pas tout seul à s’être déplacés pour eux, étant venus l’an passé, le groupe est connu et bien aimé des Saguenéens. « Brésil » qui était écrit sur le programme. 25 sur scène, 1 ou 2 sont brésiliens, les autres… Montréal Beach. Après avoir moffé leur entrée : bonjour, on est content et ben content d’être avec vous, êtes-vous content…et la moitié ayant manqué le départ de la première toune, embarquant ensuite un à la fois comme des survivants d’un naufrage sautant dans un canot de sauvetage déjà en mer, le chanteur nous a chanté Maghalena avec un accent québécois à la Dédé Fortin des Colocs qui rapait « La traversée du Lac-St-Jean ». Le son est mauvais. Très mauvais. Tous les sons étant fondus l’un dans l’autre comme un gros bouilli de légumes qu’on a fait cuire trop longtemps et dont on ne reconnaît plus les petites fèves du chou ni des carottes ! Il faut dire que ce ne doit pas être facile d’ajuster le son dans une petit rue comme la rue Racine où ont lieu les spectacles. Et comme si c’était pas assez, les nombreux restaurants y ont installé une immense terrasse qui déborde sur la rue. Très sympathique et bien sûr agréable pour les gens qui s’y prélasse avec un verre de… biére tout en profitant du spectacle, mais bien encombrant pour les autres, obligés de faire la queue leu leu d’une scène à l’autre puisque situées chacune aux extrémités de la rue. Nos oreilles n’en pouvant plus, on reswitch pour un autre show. Néanmoins, en regardant autour de nous, il semble, à les voir danser, qu’il y en a beaucoup qui se foute bien de l’amateurisme du groupe. Tant mieux pour eux !
Le prochain spectacle se veut une démonstration de percussions. Le gars, seul sur scène, ne semble pas avoir compris qu’on ne se trouve pas dans une petite salle intime du Vieux-Terrebonne, mais plutôt en plein cœur de fêteux qui sont là pour swinger et dont plusieurs commencent d’ailleurs à se trouver dans un état plutôt avancé. Il aurait sûrement valu la peine qu’on s’y attarde un peu plus, mais moi aussi, je suis là pour taper du pied. Retour donc aux on-se-prend-pour-des-brésilien-mais-on-est-plutôt-des-baragouineurs-des-tamstams-du-Mont-Royal qui n’en finissent plus de terminer leur dernière toune et, comble du malheur, nous forcent un rappel, alors que plus personne n’applaudissait. Après une heure d’attente, le prochain groupe est enfin sur scène… un groupe de République dominicaine ! Ha non, mais où est passé le groupe d’Algérie ? Un petit coup d’œil à la foule autours nous suffit pour nous plonger dans un bain de touristes canayens avides de retrouver les rythmes de leur tout-inclus à Puerto Plata. Shakant leur tit oeuf maracas à 5 piastres – vendus pour amasser des fonds pour le prochain Festival - en suivant une toune imaginaire, nous n’en endurerons pas davantage. Un coup d’œil au programme m’informe que ce spectacle dû à 9h30 accuse un retard d’une demi-heure et le spectacle pour lequel nous nous sommes déplacées au Festival est commencé depuis une heure ! Heureusement, il semble qu’ils aient eux aussi débuté en retard et qu’ils n’en soient qu’au début de leur prestation. Pas très logique l’horaire des spectacles, même avec juste deux scènes et avec les retards, on est facilement déroutés.
Après avoir à nouveau franchi le tapon de monde entre les deux spectacles, nous voilà au cœur d’une foule tout à fait différente. Beaucoup plus cool, grano et gypsy. À les voir danser, il semble qu’ils aient quand à eux voyagé hors des sentiers balisés. À part l’un d’eux, qui à sa veste de cuir, à sa barbe et sa queue de cheval, ainsi qu’à son air de motard émêché, semble avoir plutôt voyagé d’un creux village du Lac-Saint-Jean pour venir se saoûler en ville ! Mais heureux comme un pape, le sourire fendu jusqu’aux oreilles, il danse, mais il danse, les bras en l’air pis toute ! La musique arabe a su venir l’atteindre. Quand même ! Un couple en avant de moi s’ouvre une bouteille de bière. Bien tiens, ils tolèrent les bouteilles ! Pas sitôt ouverte, v’là mon gars de la sécurité qui réapparaît pour leur rappeler le règlement : « Choisi, je confisque ta bière ou tu la cales ! » (…) Je me rends alors compte qu’une autre énorme différence à laquelle je n’avais pas fait attention jusqu’ici distingue le festival de Chicoutimi : le pot ! Alors qu’à Montréal, on baigne dans des effluves de marijuana et qu’on se passe le joint comme on se passe le paquet de gommes, ici, pas une seule odeur de produit illicite. Un point pour qui cette fois ?
Et le groupe ? Le meilleur ! Maktoub ! Un vrai de vrai groupe professionnel ! Un groupe comme j’aime en découvrir au Festival de jazz de Montréal. C’était débile ! Des rythmes arabes mais aussi très rock’n roll. Pas moyen de rester sur place, là on a dansé pour vrai ! Pas surprenant que notre ami motard s’est laissé emporté. Alors qu’on croyait quitter après deux chansons, nous ne sommes parties qu’à la toute fin du rappel. Encore !
Il faut alors retourner au Lac. À une heure de route ! On est ici loin du 10 min en bicyclette ! Un dernier point pour Montréal. Finalement, qui remporte le duel ? Bien sûr, il est difficile de rivaliser avec ce dernier, mais, malgré ses inégalités dues j’espère à son manque d’expérience, le Festival des rythmes du monde de Chicoutimi possède les ingrédients pour valoir le détour, et il possède à tout le moins le pouvoir de sortir les « régionaux » de leur Megadeth et Marie-Hélène Thibert pour leur faire découvrir tout un univers musical international. Et ça c’est grandement bienvenu. Et juste pour ça, je cours m’acheter mon petit œuf casse-les-oreilles !
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