Drame familial à Saguenay. La femme est accusée du meurtre de ses enfants.
Je ne voulais pas écrire là-dessus, mais ma collègue, ce matin, a ravivé ma déception face à la couverture de ce drame. « Pauvre dame ! » comme elle m’a dit. « Elle va, en plus, être accusée et purger sa peine, c’est le cas de le dire, en prison. » C’est là que ça m’a frappé de nouveau : pourquoi, alors que l’opinion publique semble en majorité du côté de cette femme désespérée, celle-ci fera face à la justice, mise en place en quelque sorte par les représentants de ce public, comme tout autre criminel ? Bon, le jugement n’est pas encore rendu, mais il serait surprenant qu’elle s’en sorte indemne. Alors, pour qui purgera-t-elle sa peine ? À qui servira-t-elle si personne ne souhaite vengeance ? Qui soulagera-t-elle quand, au contraire, tout le monde semble souffrir un peu avec elle ?
Ça me rappelle le jeune garçon dont j’avais parlé qui, à cause de vitesse au volant, a tué une fillette le jour de ses 18 ans. Ou le gars qui a aidé son oncle à mourir à Alma. Le système judiciaire d’un peuple est donc lent à s’adapter au peuple !
Pendant ce temps, les vrai coupables, eux, s’en sortent : le tabou de la maladie mentale et le manque de ressource dans ce cas-ci; l’insouciance de la jeunesse dont on ignore comment la contourner pour le jeune automobiliste; l’absence d’écoute de la volonté à mourir des personnes atteintes de maladies incurables.
Aux nouvelles, on demande encore : « Aviez-vous remarquer quelque chose qui n’allait pas ? » aux voisins, aux parents, etc. Soupir… On le sait très bien maintenant que c’est pas écrit dans le visage qu’on va pas bien ! En fait un peu, mais on fait comme tout le monde qui n’est pas toujours en forme, on se force un tit peu. C’est parce que, comme la majorité du monde, on ne va pas consulter quand le mal passe pas. Pour une mauvaise toux qui dure depuis deux semaines, on va voir le médecin. Pas agréable et pas le temps d’être mal en point, et tout d’un coup que ça s’aggrave. Pour le mal de l’âme… Ça commence tout petit et on laisse grandir. Ça va passer... qu’on se dit. Peur d’être vu comme un faible, peur de s’avouer sa faillibilité, peur de passer pour un fou. Le tabou. Encore. Et une fois rudement combattu, c’est 90$ la consultation et si t’as pas les moyens, au moins un an d’attente sur une liste…
Ce sont de ces vrais coupables que j’aurais aimé qu’on parle aux nouvelles…
mardi 6 janvier 2009
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