Grosse nouvelle jeudi soir ! Un gars qui a parlé à Jean Charest ! Ça a fait la une à la radio, à la télé. Un gars qui a exprimé son opinion et qui a débattu avec le premier ministre ! Wow ! Non mais, expliquez-moi, qu’est-ce qu’ils font d’habitude les gens qui rencontrent les politiciens pendant la campagne ? Je pensais que c’était ça qu’ils faisaient : qu’ils parlaient, qu’ils communiquaient leurs besoins, leurs mécontentements. Je croyais qu’il y avait ça, des discussions. Qu’est-ce qu’ils sont supposés faire d’autres ? Quand on entend les politiciens parler des citoyens qu’ils rencontrent, c’est pourtant ce qu’ils racontent : « J’ai rencontré des gens qui m’ont dit leurs inquiétudes »; « Ces priorités sont celles des travailleurs que j’ai rencontrés »; « bla bla bla… » Suis-je si naïve d’avoir cru qu’il y avait autre choses que des poignées de mains qui s’échangeaient pendant une tournée de campagne ? À quoi doit servir le porte à porte, si ce n’est d’aller prendre le pouls des citoyens ? Est-ce moi qui n’ai inespérément pas voulu croire qu’une campagne n’en est qu’une de marketing ? De la vente de balayeuses. Des témoins de Jéhovah qui viennent nous vendre leur religion. Qui viennent nous chanter en la mineur ou en sol majeur, leur même foutu programme électoral ! Si l’intérêt n’est que de montrer leur visage en chair et en os et qu’il n’y en a pas à connaître leur vis-à-vis, l’électeur, à quoi bon se déplacer ? À braver les tempêtes et à brûler autant de pétrole ? Une annonce à la télé en ferait autant, sinon plus, en rejoignant plus de monde. En commençant par moi. Parce que, je ne sais pas pourquoi, mais ils sont jamais venu me voir, moi, les politiciens.
Mais ce n’est pas le pire. Ça fait la manchette : « Aléa de campagne, Jean Charest pris à partie par un citoyen mécontent »; « Un moment embarrassant pour Jean Charest »; « Un adversaire coriace ». Comment ça se fait qu’on est si surpris de voir un gars qui exprime sa façon de penser à un candidat ? Merde ! Qui a pas un chum qui parle comme ce travailleur, une belle-soeur, un cousin ou une collègue ? Pis tout eux autres en même temps qui débattent comme ça au souper, à la cafétéria ? Parce que pincez-moi si c’est rendu qu’il y a pu personne qui argumente, qui donne son opinion !
Jean Charest s’est dit touché par ce qui a été exprimé. Moi ce qui m’attriste, c’est ce qui ne l’est pas. Pourquoi les opinions, les mécontentements sont si rarement exprimés directement à la ou aux personnes concernées ? Pourquoi autour d’une table chez des amis, les conversations son animées, les arguments fusent, on exprime nos frustrations, nos craintes, et qu’au moment où la personne responsable et qui a le pouvoir de changer les choses se présente devant nous, on se contente de donner une poignée de main avec notre sourire du dimanche et d’écouter sans broncher le beau discours que celui-ci a préparé pour nous endormir ?
Et remarquez, c’est la même chose partout. Dans les corridors au travail, ça chuchote, ça se plaint, le patron est comme ci, la philosophie de la boîte est comme ça. Au souper de filles, le chum de l’autre a fait ci, on en a assez de l’attitude de celle qui n’est pas là. Mais à la réunion d’équipe ou devant celle-là, silence. Tout le monde fait comme si rien n’était. Personne ne veut avoir les projecteurs sur lui. Tout le monde y s’aime. Tout le monde il est content ! Et, juste après, il y en a trois qui se retrouvent dans les toilettes et ça recommence… puis il y en a qui écrivent anonymement dans un blog… Haaa parce que des opinions ! Ça on en a !
Mais ce n’est pas le pire. Ça fait la manchette : « Aléa de campagne, Jean Charest pris à partie par un citoyen mécontent »; « Un moment embarrassant pour Jean Charest »; « Un adversaire coriace ». Comment ça se fait qu’on est si surpris de voir un gars qui exprime sa façon de penser à un candidat ? Merde ! Qui a pas un chum qui parle comme ce travailleur, une belle-soeur, un cousin ou une collègue ? Pis tout eux autres en même temps qui débattent comme ça au souper, à la cafétéria ? Parce que pincez-moi si c’est rendu qu’il y a pu personne qui argumente, qui donne son opinion !
Jean Charest s’est dit touché par ce qui a été exprimé. Moi ce qui m’attriste, c’est ce qui ne l’est pas. Pourquoi les opinions, les mécontentements sont si rarement exprimés directement à la ou aux personnes concernées ? Pourquoi autour d’une table chez des amis, les conversations son animées, les arguments fusent, on exprime nos frustrations, nos craintes, et qu’au moment où la personne responsable et qui a le pouvoir de changer les choses se présente devant nous, on se contente de donner une poignée de main avec notre sourire du dimanche et d’écouter sans broncher le beau discours que celui-ci a préparé pour nous endormir ?
Et remarquez, c’est la même chose partout. Dans les corridors au travail, ça chuchote, ça se plaint, le patron est comme ci, la philosophie de la boîte est comme ça. Au souper de filles, le chum de l’autre a fait ci, on en a assez de l’attitude de celle qui n’est pas là. Mais à la réunion d’équipe ou devant celle-là, silence. Tout le monde fait comme si rien n’était. Personne ne veut avoir les projecteurs sur lui. Tout le monde y s’aime. Tout le monde il est content ! Et, juste après, il y en a trois qui se retrouvent dans les toilettes et ça recommence… puis il y en a qui écrivent anonymement dans un blog… Haaa parce que des opinions ! Ça on en a !