samedi 17 mars 2007

La manchette

Grosse nouvelle jeudi soir ! Un gars qui a parlé à Jean Charest ! Ça a fait la une à la radio, à la télé. Un gars qui a exprimé son opinion et qui a débattu avec le premier ministre ! Wow ! Non mais, expliquez-moi, qu’est-ce qu’ils font d’habitude les gens qui rencontrent les politiciens pendant la campagne ? Je pensais que c’était ça qu’ils faisaient : qu’ils parlaient, qu’ils communiquaient leurs besoins, leurs mécontentements. Je croyais qu’il y avait ça, des discussions. Qu’est-ce qu’ils sont supposés faire d’autres ? Quand on entend les politiciens parler des citoyens qu’ils rencontrent, c’est pourtant ce qu’ils racontent : « J’ai rencontré des gens qui m’ont dit leurs inquiétudes »; « Ces priorités sont celles des travailleurs que j’ai rencontrés »; « bla bla bla… » Suis-je si naïve d’avoir cru qu’il y avait autre choses que des poignées de mains qui s’échangeaient pendant une tournée de campagne ? À quoi doit servir le porte à porte, si ce n’est d’aller prendre le pouls des citoyens ? Est-ce moi qui n’ai inespérément pas voulu croire qu’une campagne n’en est qu’une de marketing ? De la vente de balayeuses. Des témoins de Jéhovah qui viennent nous vendre leur religion. Qui viennent nous chanter en la mineur ou en sol majeur, leur même foutu programme électoral ! Si l’intérêt n’est que de montrer leur visage en chair et en os et qu’il n’y en a pas à connaître leur vis-à-vis, l’électeur, à quoi bon se déplacer ? À braver les tempêtes et à brûler autant de pétrole ? Une annonce à la télé en ferait autant, sinon plus, en rejoignant plus de monde. En commençant par moi. Parce que, je ne sais pas pourquoi, mais ils sont jamais venu me voir, moi, les politiciens.

Mais ce n’est pas le pire. Ça fait la manchette : « Aléa de campagne, Jean Charest pris à partie par un citoyen mécontent »; « Un moment embarrassant pour Jean Charest »; « Un adversaire coriace ». Comment ça se fait qu’on est si surpris de voir un gars qui exprime sa façon de penser à un candidat ? Merde ! Qui a pas un chum qui parle comme ce travailleur, une belle-soeur, un cousin ou une collègue ? Pis tout eux autres en même temps qui débattent comme ça au souper, à la cafétéria ? Parce que pincez-moi si c’est rendu qu’il y a pu personne qui argumente, qui donne son opinion !

Jean Charest s’est dit touché par ce qui a été exprimé. Moi ce qui m’attriste, c’est ce qui ne l’est pas. Pourquoi les opinions, les mécontentements sont si rarement exprimés directement à la ou aux personnes concernées ? Pourquoi autour d’une table chez des amis, les conversations son animées, les arguments fusent, on exprime nos frustrations, nos craintes, et qu’au moment où la personne responsable et qui a le pouvoir de changer les choses se présente devant nous, on se contente de donner une poignée de main avec notre sourire du dimanche et d’écouter sans broncher le beau discours que celui-ci a préparé pour nous endormir ?

Et remarquez, c’est la même chose partout. Dans les corridors au travail, ça chuchote, ça se plaint, le patron est comme ci, la philosophie de la boîte est comme ça. Au souper de filles, le chum de l’autre a fait ci, on en a assez de l’attitude de celle qui n’est pas là. Mais à la réunion d’équipe ou devant celle-là, silence. Tout le monde fait comme si rien n’était. Personne ne veut avoir les projecteurs sur lui. Tout le monde y s’aime. Tout le monde il est content ! Et, juste après, il y en a trois qui se retrouvent dans les toilettes et ça recommence… puis il y en a qui écrivent anonymement dans un blog… Haaa parce que des opinions ! Ça on en a !

dimanche 4 mars 2007

On n'est pas prévoyant !

On n’est pas prévoyant ! Combien d’accidents seraient évités si on pensait juste un peu plus loin. Hier, c’était le grand déneigement, après 35 cm de neige tombée. J’étais à pied, je traversais la rue pendant qu’un camion rempli de neige derrière moi a voulu tourner à gauche et croiser ma route. Il avait tout prévu, semble-t-il, la vitesse à laquelle j’avançais, le temps que je prendrais pour traverser, le moment où il pourrait s’élancer, sa vitesse d’accélération maximale pour passer juste au moment où j’allais terminer mon parcours. Oui, il avait tout prévu, à la seconde près. Et c’est bien là le malheur ! Si mon sac était tombé, si mon talon avait glissé sur une plaque de glace, si mon téléphone cellulaire avait sonné, et si, et si. La seconde d’hésitation, les si, pourquoi on ne les prévoit pas ? Pourquoi ne prévoit-on pas, j’allais dire l’imprévisible, mais ce n’est pas le cas puisque c’est tout à fait probable, que je tombe sur la glace, c’est l’hiver ! Que mon cellulaire sonne, ça sonne toujours ces affaires-là ! C’est fait pour ça ! Qu’un ami me reconnaissant, m’interpelle. Et voilà, l’hésitation qui aurait pu m’être fatale ! L’an passé 2 personnes sont mortes du déneigement.

Ça me fait penser à une plainte que j’ai faite l’an dernier à la STM, un peu pour la même affaire. Un autobus cette fois, encore en hiver, qui s’élance avant que le feu soit vert. De l’autre côté de l’intersection, des piétons qui traverse face à lui. Traînant derrière, une mère, les paquets d’un bras et son jeune enfant marchant derrière en lui tenant l’autre main. Quand l’autobus est arrivé à leur hauteur, ils n’avaient pas encore gagné le trottoir. Il s’en est fallu de peu ! Mais le chauffeur avait lui aussi tout calculé. Et si l’enfant avait échappé le toutou qu’il tenait dans ses bras, s’il avait vu un bloc de glace par terre qu’il avait voulu ramasser…. Improbable ? Pas du tout ! Il suffit de regarder un jeune enfant de 3 ans pendant 30 minutes pour comprendre que c’est tout à fait possible, et même très probable. J’ai connu un gars qui, en voiture, partait comme l’autobus avant que le feu ne soit vert, mais en plus, il passait sur la jaune quasi rouge. Et s’il s’était rencontré sur la route !

Et, il n'y a pas que les automobilistes qui prennent des chances. Prenez les piétons qui traversent à la course entre deux voitures, les cyclistes qui brûlent la rouge pour éviter de s'arrêter. Il y en a qui prévoient même, qu'en tant qu'automobiliste, on les aura vus et on aura eu le temps de ralentir ou d'appuyer sur les freins pour les éviter ! Avez-vous penser que c'est de la glace qui se trouve sous noss roues ? On n’est pas prévoyant. Heureusement, on est chanceux ! Combien de personnes rentrent tranquillement chez eux en ayant, dans la journée, frôlé la catastrophe ?!

Mais d’autres le sont moins, chanceux. Le petit garçon de Québec, mort seul dans la tempête. Et sur la route… à chaque tempête, des gens se tuent, en voiture, sur les routes où la conduite est périlleuse. Chaque fois la même question : pourquoi ? Pourquoi sortir un jour de tempête, alors qu’on a plus de chances d’y rester que de gagner le gros lot à la 6/49 ? Pour le boulot, l’école, le souper d’anniversaire prévu depuis 2 mois ? Pourtant, on en achète des billets de loterie, on y croit au million, et si ça m’arrivait à moi… mais l’accident, lui, il arrive aux autres !

Insouciance ? Allez comprendre ! On a autorisé le virage à droite au feu rouge en sachant que le taux de mortalité allait augmenter, alors que dans les hôpitaux, on s’efforce à sauver le moindre individu !

Et c’est la même chose pour notre corps. On le gave de chips, de gâteaux, de bigs mac, d’OGM et de produits chimiques. On ne mange pas de fruits, juste parce qu’on n’aime pas ça. On ne fait pas d’exercice, on préfère la télévision. Et on est surpris de faire du diabète, des pierres aux reins ou d’avoir mal au dos. Et les urgences et les listes d’attente pour voir un médecin qui débordent…

Pourquoi prendre ces risques ? Qu’y a-t-il de grave ou de si difficile à rester chez nous un jour de tempête ? De manger des fruits et des légumes ? D’attendre que le piéton soit en sécurité sur le trottoir avant de tourner ? De retirer le couvercle de la boîte de conserve pour éviter de s’y couper ? J’écoutais la chargée de campagne du parti québécois, fière de dire à la télévision que, jour de tempête ou non, l’agenda restait le même. Rien ne les arrêtait ! Ça me rassure beaucoup de voir qu’à ce parti, on est sûr de gagner à la roulette russe ! Et on essaie de faire comprendre à nos jeunes que de respecter les limites de vitesse, ça peut sauver des vies. Comme eux, on persiste à croire qu’on est invincible ?

Et on continue de s’endetter, de faire la guerre, de polluer, d’exploiter les sables bitumineux, de produire des gaz à effet de serre. Avez-vous remarqué comment les gens risquent toujours un coup de trop au Banquier ? Vraiment, on a le goût du risque. Laissez-vous votre enfant jouer avec des allumettes ? Alors pourquoi, devenus adultes, on joue avec le feu, le gaz et l’huile en même temps ?