mardi 18 décembre 2007

Nouveau culte, nouveaux tabous

On ne verra plus les cigarettes derrière les comptoirs des dépanneurs.
Il n'y aura plus de publicité ventant la vitesse sur la route.
Les cellulaires seront interdits au volant.
En Nouvelle-Écosse, à Worfville, il sera interdit de fumer dans un véhicule en présence d’un enfant de moins de 16 ans.
On parle d’interdire aux femmes enceintes toute consommation d’alcool.
On voudrait bannir les chaînes de resto rapide autour des écoles.

Il semble que, plus que jamais, on ait trouvé dans l’interdit, la solution à tous nos vices, à nos faiblesses, à notre humanité. Dans notre ultime quête de justice, de moralité, de perfection.

Et tous ces interdits deviendront tabous....

Tout écart d'une personne sera montré du doigt... comme déjà celle qui fume regardée avec dédain...

On ne boira plus, ne fumera plus, on roulera à 90 sur l’autoroute, on mangera du brocoli, portera le casque à vélo et passera la soie dentaire. On sera parfait ! Beau ! Gentil ! Propre !

Plus d'écarts...

Plus d’excès…

Plus d'éclats...

Plus d'émotions...

Tous circonscrits...

Jusqu'à ce que ça éclate.... qu’on en ait marre du « on se tient droit, on sourit, on est heureux » Simple retour du balancier... encore une fois !

Et on réenlèvera son soutien-gorge... Retournera se baigner tout nu…

vendredi 2 novembre 2007

Quand j’aurai 18 ans

Imaginez, depuis que vous êtes petit, vous rêvez d’être grand. Vous serez pompier, chanteuse, professeur ou joueur de hockey. Vous admirez votre père, votre grande soeur, votre cousin, votre voisine. Qu’il semble faire bon être un grand ! Rendu adolescent, vous vous voyez enfin devenir adulte. « Quand j’aurai 18 ans… » Je mangerai ce que je veux. Je rentrerai quand je voudrai. J’aurai l’âge légal de boire. Je fumerai si ça me chante. Je pourrai voter. J’aurai mon permis de conduire. Nos 18 ans, on les attend… comme la poupée Barbie, mangeuse de barbe-à-papa, comme la dernière console de jeu Nintendo. Cette journée promise au bonheur. Et enfin ce jour arrive. Vous êtes en pleine extase. Les amis, le délire. Tout est possible ! Le monde s’ouvre enfin à vous ! Attendez-moi, j’arrive ! Un copain est en voiture, a son permis. Vous taquine, le nouveau majeur au permis temporaire. Vous répliquez votre expérience de la conduite et s’ensuit le jeu du j’veux voir ça, t’es pas game. Les clés des parents qui traînent et c’est parti. Les hormones dans l’tapis et l’euphorie dans les oreilles ! Yé ! On est jeune ! Adulte ! À nous le pouvoir ! Vous le dépassez, il vous dépasse, on veut montrer qu’on est capable, on accélère. Wouwouh ! Il vous attend à l’arrêt. Vous vous apprêtez à apporter le coup définitif à son orgueil et le dépasse, par la droite. Mais ho… la voiture ne répond plus et quitte la chaussée, et va s’arrêter loin sur le gazon…

Jusque là, erreur ou folie de jeunesse… Qui n’a pas fait pire ? Mes oncles m’ont raconté leurs beuveries terminées sur la route de leur village du Lac St-Jean à Québec aller-retour en pleine nuit. Mon frère, ses joints fumés au volant de la voiture neuve de ma mère. Moi qui me suis arrêtée revenant de veiller à un feu rouge un coin de rue avant la dite intersection et qui a repris ma voiture stationnée tout croche le lendemain matin. Mais chaque fois, rien n’est arrivé. Pas la moindre égratignure.

Mais pour ce tout nouveau joueur dans le paradis des grands, au bout de cette course se trouve une petite fille. 3 ans. Tuée sur le coup. Aucune pitié pour le chauffard. La fête se termine déjà. Pour lui, son entrée dans l’âge adulte ne commence pas autour d’un pichet de bière avec les chums, pas de beuverie, pas de vomie, pas de frotte bedaine sur la piste de danse. Non, ce qui attend ce tout nouveau Monsieur, c’est la prison !!! La prison, mais aussi la honte. Pire, il entame sa vie adulte avec la culpabilité qui ne le quittera plus jamais. Il ne prendra finalement peut-être pas son permis. Il ne se mesurera peut-être plus jamais à un chum. Il ne se passera peut-être plus un seul rire, un seul bonheur sans cet immense remord qu’une petite fille, par sa faute, ne rira plus jamais. Et lui aussi sera un peu mort en dedans.

Pourquoi lui, pourquoi pas son copain, et pourquoi pas nous ? Toute l’innocence de nos jeunesses sur les bien frêles épaules d’un jeune de 18 ans.

mercredi 29 août 2007

Mon premier toucher rectal

J’ai eu mon premier toucher rectal aujourd’hui.

Ça fesse hein une phrase comme ça ?! Ben oui, j’ai des douleurs dans l’aine depuis plusieurs mois, et depuis une semaine, je sens de l’inflammation à l’abdomen. Pu capable de m’endurer, je me suis retrouvée à l’urgence de l’hôpital. Après bien sûr des heures et des heures d’attente, je me retrouve dans une petite salle, assise sur la table d’examen, vêtue seulement d’une jaquette d’hôpital. Ma mère m’accompagne, pour la première fois depuis bien longtemps. C’est dire qu’on est inquiet.

La femme médecin finit enfin par arriver et écoute mon récit. Elle me pose un tas de questions de plus en plus intimes : le nombre de partenaires sexuels depuis un an, est-ce que j’utilise le condom, des douleurs lors des rapports sexuels, etc. Je sens bien la soupe chaude qui s’en vient. Mal à l’aise, avec l’air de faire une plaisanterie, je suggère à ma mère de sortir. Mais soudainement, dans un même souffle, le médecin se lève et m’annonce qu’elle va me faire un examen gynécologique et un toucher rectal. Un…je dois me redire sa dernière phrase dans ma tête, le temps qu’elle monte au cerveau et que je prenne conscience de sa signification. Pas le temps de réagir, elle cherche ses instruments, ses gants... et la voilà déjà avec le speculum badigeonné de sauce mortelle prête à me fourrer ça dans le vagin comme on fourre une dinde pour Noël. Stop ! Que je lance en serrant les jambes et en me tordant sur le côté. Je fais des allergies à cette saloperie de gel ! J’essaie d’atteindre mon sac à main du bout des doigts, mais incapable, supplie ma mère, cachée derrière le rideau, de venir y chercher mon lubrifiant au chanvre. J’avais acheté cette petite merveille avec l’idée d’en faire un tout autre usage, mais il semble qu’elle soit finalement destinée à une utilisation plus pragmatique.

Imaginez alors la scène, moi allongée, les pattes écartées, les pieds dans les étriers la floune à l’air, les bobettes dans les mains, en jaquette d’hôpital, la femme médecin prête à me pénétrer et ma mère me tendant le tube de lubrifiant… Seigneur ! Que ta fierté s’en fait enlever un ti morceau ! Mais le pire était encore à venir…

Après avoir retiré la quincaillerie, le médecin remet vite fait du gel sur deux doigts de son gant et me demande de prendre un grand respire et de forcer comme pour aller à la selle et floush, elle me fourre les doigts direct dans l’derrière en me laissant sans voix, les yeux ronds, la bouche ouverte. Et ma mère, toujours silencieuse derrière son pan de tissus. Moi qui ai toujours refusé qu’on introduise quoi que ce soit dans cet orifice, pas même le moindre suppositoire, me voilà flanquée des doigts du médecin comme un poulet pognassé par son boucher et ce, en présence de celle qui m’a mise au monde. Ha vraiment, ma première fois, je ne l’aurais jamais imaginée comme ça.

Mais nous n’en sommes pas au comble qui acheva de partir avec mon amour propre. Après avoir retiré ses doigts, la médecin inspecte la matière pâteuse qui y est restée collée (Mmm) et s’inquiète de la couleur rougeâtre qu’elle présente : Ho tiens, on dirait du sang dans tes selles… à moins que… aurais-tu mangé des betteraves dernièrement ? Glup ! Qu’ajouter à cela ? Heu… oui… que je réponds le visage crispé en demi-sourire. Que je voudrais être ailleurs !

Le coup fatal
En fin de journée à la maison, ma mère sur le point de se coucher me lance tout bonnement : « Mais voudrais-tu ben me dire pourquoi elle t’a fait un toucher rectal ? » Pfffouii, au seul souvenir absurde de la chose, on s’esclaffe en même temps. La poussière étant tombée, nous voilà alors à en reparler et à en rire, à grands coups de « derrière », « de lubrifiant » et de « toucher rectal » lancés la fenêtre ouverte à qui mieux mieux sans retenu, comme pour évacuer la tension de la journée et retrouver un brin d’orgueil durement perdu. Jusqu’à ce qu’on entende… la porte du voisin qui se referme, pulvérisant définitivement le peu d’estime qui me restait. Il était sur le balcon ! Haaaaaaaaaa !

dimanche 5 août 2007

Le Festival de jazz de Montréal rencontre le Festival des rythmes du monde de Saguenay


Je suis au Lac-Saint-Jean depuis une semaine. En région comme on pourrait dire et hier,
je suis allée au Festival des rythmes du monde à Saguenay. Ben, disons plutôt à Chicoutimi, parce que trouvez-moi quelqu’un de la région qui dit Saguenay ! Après une semaine de village, plage et campagne, je me suis dit qu’un bon bain de foule, de ville et de musique du monde me ferait le plus grand bien. Je ne savais quand même pas trop à quoi m’attendre. On m’avait dit : « Tu vas voir, c’est un beau festival qui a remporté plusieurs prix. » Moi, fidèle du Festival de Jazz à chaque année, je me suis attendue au pire pour qu’on n’ait qu’à me surprendre.

Ça a bien commencé. Je trouve une place de stationnement juste à côté. 1-0 Chicoutimi ! Toute énervée d’être tant choyée par la chance, je m’apprête à immobiliser ma voiture dans la côte, met sur reculons en pensant être d’avant, prend un élan pour pas reculer dans la pente et rentre dans l’auto en arrière ! Un Gros 4 X 4 rouge de l’année… au bumper maintenant renfoncé ! Toujours sur ma chance, un gars de la sécurité a tout vu et m’offre de m’aider. Mouaip, moi qui pensais m’en sauver avec un message laissé dans le pare-brise. Sont-tu fins en régions, ben attentionnés ! Je lui dis que j’ai besoin de rien, que je suis en train de laisser un message au propriétaire. Il insiste, me dit qu’il va me trouver un policier pour faire un rapport et m’assurer un bon dossier. Moi, voyant le chiâre, le temps passé à expliquer et à remplir des papiers, le remercie à nouveau et l’assure que je vais m’en occuper. Après discussion, et rerediscussion, il finit par partir. Fins, ben ben fin les gens en région… Ben le vlà tu pas qu’il revient, encore, en me disant fier de lui : « Je suis en train de te trouver un policier, tu vas voir t’auras pas à t’occuper de rien ». Bon, pas le choix, va falloir se fâcher un ti peu ! Après son réel départ suite à l’avoir remis poliment à sa place, je prends quelques photos, loin d’être les premières que j’avais prévu prendre : des photos de bumpers amochés ! Seigneur ! Que je me dis, solide le gros 4 4, en voyant de plus gros dommages sur lui que sur ma petite Acura ! Je l’imagine mal pogner un chevreuil sur le chemin !

Nous v’là enfin dans la foule ! D’abord des kiosques de trucs à vendre. Mais pas la peine de s’y attarder, les mêmes qu’au Festival Nuits d’Afrique ! Par contre, en passant devant l’un d’eux, le bruit de voitures de course capte mon attention. Un des exposants offre d’essayer un nouveau jeu vidéo de course automobile ! Heu… quelqu’un peut m’expliquer le lien avec le Festival ? N’ayant pas manger encore, on cherche un petit resto pour manger un truc : du poulet patates frittes, des pâtes et pizzas ou des sous-marin, la Racine, pas diable mieux que la Ste-Catherine ! Jusqu’à ce que, surprise, caché derrière une vitrine ordinaire de boutique, on tombe sur un petit café sympathique, full grano, full végé, full équitable ! Des tables et des chaises dépareillées, une section carrément placée sur une scène de spectacle, prête pour la scène de famille dans la cuisine de 1960 ! Une fille avec des dreds assise à une table. Un petit menu de sateh, noix, légumes et fèves noires ! On se serait cru dans un petit bouiboui de Victoria sur l’Île de Vancouver !

Bien repues, on est prêtes pour notre premier show ! Parcourant le programme disponible sur place, on se rend compte que beaucoup d’autres spectacles ont eu lieu durant la journée, dont aucune trace n’était visible sur le site Internet. Il y avait même des démonstrations de danse. Dommage ! Un point pour le Festival de jazz où on retrouve l’horaire complet et même des extraits des groupes. En route vers la scène, au milieu d’une bounch de gars au chandail noir, rouge ou bleu marin avec des marques de bicik dessus, je croise des pas pires numéros au beau petit style. Mmm yen a des pas trop mal des petits gars de Chicoutimi ! Ils sont arrivés en ville ! Un groupe du Tchad est sur scène. Très bons. Des rythmes qui font bouger les pieds et des chants qui nous font imaginer le soleil couchant comme étant celui d’Afrique. « La différence entre les morts et les vivants, c’est que nous on bouge ! clâme le chanteur. Qu’est-ce que vous faites quand tout va bien ? Nous on bouge ! » « Nous autre on boé d’la biére ! » qu’un spectateur répond ! Ouf ! Retour dret en région ! Et qu’est-ce qu’on fait quand ça va mal ? que moi je me dis : on boit d’la biére !

Le spectacle pas fini, on quitte quand même pour le début du prochain, Zuruba, un groupe de percussion brésilienne. On n’est pas tout seul à s’être déplacés pour eux, étant venus l’an passé, le groupe est connu et bien aimé des Saguenéens. « Brésil » qui était écrit sur le programme. 25 sur scène, 1 ou 2 sont brésiliens, les autres… Montréal Beach. Après avoir moffé leur entrée : bonjour, on est content et ben content d’être avec vous, êtes-vous content…et la moitié ayant manqué le départ de la première toune, embarquant ensuite un à la fois comme des survivants d’un naufrage sautant dans un canot de sauvetage déjà en mer, le chanteur nous a chanté Maghalena avec un accent québécois à la Dédé Fortin des Colocs qui rapait « La traversée du Lac-St-Jean ». Le son est mauvais. Très mauvais. Tous les sons étant fondus l’un dans l’autre comme un gros bouilli de légumes qu’on a fait cuire trop longtemps et dont on ne reconnaît plus les petites fèves du chou ni des carottes ! Il faut dire que ce ne doit pas être facile d’ajuster le son dans une petit rue comme la rue Racine où ont lieu les spectacles. Et comme si c’était pas assez, les nombreux restaurants y ont installé une immense terrasse qui déborde sur la rue. Très sympathique et bien sûr agréable pour les gens qui s’y prélasse avec un verre de… biére tout en profitant du spectacle, mais bien encombrant pour les autres, obligés de faire la queue leu leu d’une scène à l’autre puisque situées chacune aux extrémités de la rue. Nos oreilles n’en pouvant plus, on reswitch pour un autre show. Néanmoins, en regardant autour de nous, il semble, à les voir danser, qu’il y en a beaucoup qui se foute bien de l’amateurisme du groupe. Tant mieux pour eux !

Le prochain spectacle se veut une démonstration de percussions. Le gars, seul sur scène, ne semble pas avoir compris qu’on ne se trouve pas dans une petite salle intime du Vieux-Terrebonne, mais plutôt en plein cœur de fêteux qui sont là pour swinger et dont plusieurs commencent d’ailleurs à se trouver dans un état plutôt avancé. Il aurait sûrement valu la peine qu’on s’y attarde un peu plus, mais moi aussi, je suis là pour taper du pied. Retour donc aux on-se-prend-pour-des-brésilien-mais-on-est-plutôt-des-baragouineurs-des-tamstams-du-Mont-Royal qui n’en finissent plus de terminer leur dernière toune et, comble du malheur, nous forcent un rappel, alors que plus personne n’applaudissait. Après une heure d’attente, le prochain groupe est enfin sur scène… un groupe de République dominicaine ! Ha non, mais où est passé le groupe d’Algérie ? Un petit coup d’œil à la foule autours nous suffit pour nous plonger dans un bain de touristes canayens avides de retrouver les rythmes de leur tout-inclus à Puerto Plata. Shakant leur tit oeuf maracas à 5 piastres – vendus pour amasser des fonds pour le prochain Festival - en suivant une toune imaginaire, nous n’en endurerons pas davantage. Un coup d’œil au programme m’informe que ce spectacle dû à 9h30 accuse un retard d’une demi-heure et le spectacle pour lequel nous nous sommes déplacées au Festival est commencé depuis une heure ! Heureusement, il semble qu’ils aient eux aussi débuté en retard et qu’ils n’en soient qu’au début de leur prestation. Pas très logique l’horaire des spectacles, même avec juste deux scènes et avec les retards, on est facilement déroutés.

Après avoir à nouveau franchi le tapon de monde entre les deux spectacles, nous voilà au cœur d’une foule tout à fait différente. Beaucoup plus cool, grano et gypsy. À les voir danser, il semble qu’ils aient quand à eux voyagé hors des sentiers balisés. À part l’un d’eux, qui à sa veste de cuir, à sa barbe et sa queue de cheval, ainsi qu’à son air de motard émêché, semble avoir plutôt voyagé d’un creux village du Lac-Saint-Jean pour venir se saoûler en ville ! Mais heureux comme un pape, le sourire fendu jusqu’aux oreilles, il danse, mais il danse, les bras en l’air pis toute ! La musique arabe a su venir l’atteindre. Quand même ! Un couple en avant de moi s’ouvre une bouteille de bière. Bien tiens, ils tolèrent les bouteilles ! Pas sitôt ouverte, v’là mon gars de la sécurité qui réapparaît pour leur rappeler le règlement : « Choisi, je confisque ta bière ou tu la cales ! » (…) Je me rends alors compte qu’une autre énorme différence à laquelle je n’avais pas fait attention jusqu’ici distingue le festival de Chicoutimi : le pot ! Alors qu’à Montréal, on baigne dans des effluves de marijuana et qu’on se passe le joint comme on se passe le paquet de gommes, ici, pas une seule odeur de produit illicite. Un point pour qui cette fois ?

Et le groupe ? Le meilleur ! Maktoub ! Un vrai de vrai groupe professionnel ! Un groupe comme j’aime en découvrir au Festival de jazz de Montréal. C’était débile ! Des rythmes arabes mais aussi très rock’n roll. Pas moyen de rester sur place, là on a dansé pour vrai ! Pas surprenant que notre ami motard s’est laissé emporté. Alors qu’on croyait quitter après deux chansons, nous ne sommes parties qu’à la toute fin du rappel. Encore !

Il faut alors retourner au Lac. À une heure de route ! On est ici loin du 10 min en bicyclette ! Un dernier point pour Montréal. Finalement, qui remporte le duel ? Bien sûr, il est difficile de rivaliser avec ce dernier, mais, malgré ses inégalités dues j’espère à son manque d’expérience, le Festival des rythmes du monde de Chicoutimi possède les ingrédients pour valoir le détour, et il possède à tout le moins le pouvoir de sortir les « régionaux » de leur Megadeth et Marie-Hélène Thibert pour leur faire découvrir tout un univers musical international. Et ça c’est grandement bienvenu. Et juste pour ça, je cours m’acheter mon petit œuf casse-les-oreilles !

dimanche 17 juin 2007

Viens voir mononcle !

J’ai un goût d'amertume qui me donne un haut le coeur. Nous nous sommes donnés, nous occidentaux, des lois, des règles, basées sur des valeurs que nous partageons et auxquelles nous tenons. Pourquoi ceux qui font toujours partis de ce peuple, qui sont nés au sein de ces principes et qui demeurent citoyens de cet État peuvent-ils aux yeux de tous et pire, aux yeux de leurs concitoyens, transgresser ces lois, sans que l’on puisse faire ou dire quoi que ce soit ?

Ils ne devraient pas, chez eux comme ailleurs faire fi de ces règles, de ces principes qui ont derrières eux des centaines, si ce n’est de milliers d’années d’histoires. Qui ont eu et qui ont toujours leur raison d’être. Pour la protection, la sécurité et le bien être des personnes. Il n’est pas normal que nous qui partageons ces lois sous un même toit, ne pouvons nous juger dans un autre lieu.

De ne pouvoir rien faire, ça me tue, ça m’obsède, ça me met hors de moi. Ils ont droits à leur vacances à eux, aussi diabolique qu’il soit, pourquoi moi, je n’ai pas droit aux miennes !?

J’ai écrit ces lignes, alors que j’essayais d’apprécier tranquillement le dernier repas de mon voyage, et qu’attablés à coté de moi, se trouvaient trois septuagénaires à l’accent belge, trois coqs prépubaires, le torse gonflé jusqu’à péter leurs boutons de chemise, au discours et au rire sonore poussés à gorge déployés comme une cathédrale à faire résonner, à qui veut les entendre, leurs prouesses de la veille, rapportant les faits et gestes de « leur femme » comme s’ils racontaient les acrobaties de Fripon, leur petit bichon poilu : « Moi je préfère les négresses » lance l’un d’eux.

À Cabarete comme à Sosua, on peut voir des bonhommes, européens, américains, québécois, de 60-70 ans, venus en République dominicaine dans le but exclusif de profiter de la prostitution et des lois très permissives du pays à cet égard. On peut les entendre entre eux vanter leurs performances, être témoin du harcèlement qu’ils exercent sur une jeune fille pour contrôler ses allées et venus ou les apercevoir prenant le petit déjeuner en tête à tête avec une fille d’à peine 18 ans.

Aucun scrupule, aucune honte, au contraire, ils se donnent en spectacle. Ces hommes se pavanent comme des orignaux en rut aux bras des plus jolies filles de la région. Leur estime monte en flèche, se prenant pour Don Juan ou Casanova, oubliant totalement qu’ils ont dû payer pour qu’elles s’intéressent un tant soit peu à leur peau moite et flasque, à leur bedaine poilu et à leur sexe molasse et fainéant. Pompés à bloc, ils pensent qu’ils rivalisent avec les jeunes surfers de la place au corps bronzé et ferme. Habitués à exercer leurs yeux dans le but de sélectionner la chair ferme qu’ils voudront dans leur lit, ils posent ensuite ce même regard sur les autres femmes, sur moi, sur les fillettes de 12-14 ans qui passent en riant rejoindre leur mère. Comme des loups goinfres qui n’en ont jamais assez à se mettre sous la dent.

Ces hommes me dégoûtent. Après une semaine ou deux de débauche, ils reprendront l’avion pour regagner leur petite vie tranquille, leur famille, leurs petits-enfants et pour certains, leur femme, la vraie. Ils déambuleront sur les trottoirs de mon quartier, je les croiserai à l’épicerie, l’un d’eux conduira ma meilleure amie à l’hôtel pour son mariage. Personne n’aura le moindre soupçon sur leurs activités, et pire, personne ne se méfiera de ce qui se trame dans la tête derrière ces yeux semblants anodins, mais qui observent cette jeune femme, cette fillette. De cette conception dégradante qu’ils ont de la femme.

Et ils laisseront ces jeunes filles qu’ils auront entretenues pendant la durée de leur séjour comme ont dit bonjour à la femme de chambre qui a bien fait son travail : « Merci pour les services rendus, à un de ces 4. » Aucun souci des conséquences de leurs activités sur elles. De leur estime qu’ils ont brisés à mesure que la leur grimpait. Des rêves qu’elles n’atteindront peut-être jamais, prises dans le cercle vicieux qui leur permet de rester en vie. D’autres veilles peaux prendront leur relais et eux, ils reviendront, emmenant avec eux de nouvelles recrues.

Lâches, minables, vieux schnock, trous-de-cul, je n’ai pas de mot assez laid pour vous dire combien je vous méprise. Que je déteste le pouvoir que vous avez ainsi que la contribution négative que vous apportez au statut et à la condition des femmes dans leur pays et dans le miens. Vous ne méritez pas ce que vous prenez d’elles. Je vous souhaite de le payer très cher et de mourir seuls comme des pauvres bichons perdus dans un trou à rat, la queue en l’air, d’une overdose de Viagra.
Et à Montréal, ça n'existe pas ? Voir l'article suivant... http://www.cyberpresse.ca/article/20070718/CPACTUALITES/70718002/6730/CPACTUALITES

jeudi 14 juin 2007

Je suis au paradis !


Je suis au paradis ! On peut définitivement être seule et à la fois au ciel. C’est une question d’étage. Bien sûr, je pourrais me trouver au 7e, mais le 4e est pas mal non plus, et peut-être plus durable. Je viens d’apprécier un sublime déjeuner, simple, mais parfait. Des œufs juste bien cuits avec du jambon. Du pain rôti avec beurre et miel. Un café, un jus de melon et des fruits, haaa, des fruits mûrs à point : Ananas, papaye, melon, bananes, pastèques. Un pur délice pour les papilles. Le tout, en écoutant un Buddha Bar, à la table du petit resto du complexe où je séjourne, sous un immense palapas, en regardant courir les lézards.

J’écris ces lignes sur la plage à moi toute seule où on m’a installé une chaise sur le bord de la mer. J’ai enfin passé une nuit des plus reposantes dans ma cabane à écouter les vagues se briser sur le sable et le chant des criquets, à sentir la douce brise sur ma peau ainsi que l’odeur saline mêlée d’humidité et de parfum de terre mouillée par la pluie ajouté d’un soupçon de fleur ravigorée par l’orage.

Il me vient cette réflexion que c’est ici que se rejoignent l’art et la science. Ce souci du détail et de la perfection. L’œil qui s’ouvre au détail, qui scrute et se laisse émerveiller par l’inusité, c’est l’œil du scientifique, et la main qui interprète ces moindres différences et qui crée son univers remplis de soupçons et de perfection, c’est celle de l’artiste. Ils ne sont pas opposés, ils sont les deux facettes d’une même entité.

Tout à l’heure, j’irai me faire envelopper de cacao ou de sel marin, et je saurai apprécier les moindres gestes, les délicates textures, les subtiles parfums. Par mon regard scientifique, je saurai reconnaître l’artiste.

lundi 11 juin 2007

Le vendeur itinérant

Je déteste cette désinvolture avec laquelle on repousse le vendeur de bijoux. Ce « N’na » qu’on laisse tomber comme le papier d’enrobage d’une crème glacée jeté à la poubelle, tout en prenant une gorgée d’eau et en faisant semblant de s’intéresser à l’étiquette de la bouteille. Ou encore pire, cette totale ignorance de l’offreuse de massages ou de tresses sur la plage, les yeux sur le surfer sur la vague ou le nez dans son livre. Comme l’expression d’un « Ha, ils m’emmerdent. On peut-tu avoir la paix !? »

Qui sommes-nous pour juger de haut ? On ne sait rien de ce qu’ils sont. Les a-t-on bien regardé ? Avons-nous pris le temps de regarder dans leurs yeux ? Ils sont là sous le gros soleil. En jeans, running shoes, chemise, traînant leur boîte de bagues et de colliers, leur carnet de photos de tresses de toutes sortes ou leur bol de fruits sur la tête. N’a-t-on pas remarqué qu’ils sont au travail ?

Ce matin, sous les palmiers, alors qu’on prenait notre petit déjeuner, eux étaient déjà au garde-à-vous. Semblant s’ennuyer, leur boîte de cirage sous le bras, leur panier rempli de fruits frais, ils nous épiaient, guettaient la fin de notre repas, le signal imminent du début de la journée. Le moment où ils quitteraient l’ombre réconfortante des palmiers.

Et ce fût parti. Pendant que nous surveillions foncer la marque de notre costume de bain, que nous nous préoccupions de l’orientation du parasol et du numéro de notre crème solaire, ils furent là, et relà, à 11h, à midi, à 2h30, à 5h. « Hola, Hi, Salam alekoum, bonjour » Partout, la même chanson. Sous le soleil de midi à la chaleur accablante de la fin d’après-midi, jusqu'à ce que le dernier brûlé à l’os déclare forfait et se retire pour une cerveza bien méritée.

Combien ont-ils pu faire ? Combien une journée peut-elle bien leur rapporter ? Ai-je acheté quelque chose ? Non. Et mon voisin ? Non plus. Ni mes voisines de l’autre côté. Peut-être eux un peu plus loin, un collier, à moins que ce ne fût qu’une simple promesse d’achat. Ça fait quoi ? 2, 3 colliers, 5 ? 10 au mieux en grosse saison ? À quoi ? 5 piastres chaque ? Peut-être moins. Au mieux, 50 piastres ? 50. Sûrement une très bonne journée. Et ce ne fût pas le cas pour la faiseuse de tresses, pas vu une seule tresse en une semaine…

Ainsi vont mes réflexions pendant que mes yeux regardent s’éloigner lentement entre les parasols et les serviettes, le vendeur de cd de bachata et de meringue à qui je viens de dire « N’na ».

dimanche 10 juin 2007

Le multiculturalisme nouveau

Quelle époque nous vivons ! Je suis assise à une terrasse au bord de la mer en République dominicaine. Je mange des sushis, préparés par un dominicain, dans un restaurant appartenant à un indien. J'écoute Rachid Taha qui me rappelle le Maroc. La serveuse est d’ici, mais est née à New York. Je suis canadienne et ce matin, je me suis levée à Montréal.

Ce qui est aussi particulier, c’est que je m’y sens très bien, dans mon élément, à ma place. Nous ne vivons pas seulement une époque où le multiculturalisme est partout autour de nous, nous sommes multiculturels.

samedi 7 avril 2007

Le revoilà !

Bon, ça y est !! Après trois ans d’absence, le revoilà !! Fallait ben que ça m’arrive à nouveau un jour. Mais, je me pensais maintenant à part des autres. Devenue invincible même de béton. Ben, ça a tout l’air que je m’étais trompée, que ça devait finir par me rattraper. Pourtant, j’ai tout fait pour l’éviter. Comme à l’habitude, quand je le sentais m’effleurer. J’ai même bien pensé, pendant quelques jours, l’avoir dominé. J’étais bien loin de me douter que la lutte devait être féroce et ne faisait que commencer. Il n’avait donc pas dit son dernier mot. Mais là, je dois bien me rendre à l’évidence, je suis belle et bien vaincue. Comme consolation, je n’ai plus qu’à me dire qu’il devait, cette fois, être coriace pour remuer l’inébranlable. Aussi, m’en suis-je peut-être trop vantée. Je pensais réellement m’en être pour toujours débarrassée. Et j’avoue avoir eu même un petit brin de fierté face à ceux qui en ont été frappés. Mais il est malheureusement trop tard pour regretter. Atchoum ! Bon, il me faut une fois de plus me moucher… Le rhume !

samedi 17 mars 2007

La manchette

Grosse nouvelle jeudi soir ! Un gars qui a parlé à Jean Charest ! Ça a fait la une à la radio, à la télé. Un gars qui a exprimé son opinion et qui a débattu avec le premier ministre ! Wow ! Non mais, expliquez-moi, qu’est-ce qu’ils font d’habitude les gens qui rencontrent les politiciens pendant la campagne ? Je pensais que c’était ça qu’ils faisaient : qu’ils parlaient, qu’ils communiquaient leurs besoins, leurs mécontentements. Je croyais qu’il y avait ça, des discussions. Qu’est-ce qu’ils sont supposés faire d’autres ? Quand on entend les politiciens parler des citoyens qu’ils rencontrent, c’est pourtant ce qu’ils racontent : « J’ai rencontré des gens qui m’ont dit leurs inquiétudes »; « Ces priorités sont celles des travailleurs que j’ai rencontrés »; « bla bla bla… » Suis-je si naïve d’avoir cru qu’il y avait autre choses que des poignées de mains qui s’échangeaient pendant une tournée de campagne ? À quoi doit servir le porte à porte, si ce n’est d’aller prendre le pouls des citoyens ? Est-ce moi qui n’ai inespérément pas voulu croire qu’une campagne n’en est qu’une de marketing ? De la vente de balayeuses. Des témoins de Jéhovah qui viennent nous vendre leur religion. Qui viennent nous chanter en la mineur ou en sol majeur, leur même foutu programme électoral ! Si l’intérêt n’est que de montrer leur visage en chair et en os et qu’il n’y en a pas à connaître leur vis-à-vis, l’électeur, à quoi bon se déplacer ? À braver les tempêtes et à brûler autant de pétrole ? Une annonce à la télé en ferait autant, sinon plus, en rejoignant plus de monde. En commençant par moi. Parce que, je ne sais pas pourquoi, mais ils sont jamais venu me voir, moi, les politiciens.

Mais ce n’est pas le pire. Ça fait la manchette : « Aléa de campagne, Jean Charest pris à partie par un citoyen mécontent »; « Un moment embarrassant pour Jean Charest »; « Un adversaire coriace ». Comment ça se fait qu’on est si surpris de voir un gars qui exprime sa façon de penser à un candidat ? Merde ! Qui a pas un chum qui parle comme ce travailleur, une belle-soeur, un cousin ou une collègue ? Pis tout eux autres en même temps qui débattent comme ça au souper, à la cafétéria ? Parce que pincez-moi si c’est rendu qu’il y a pu personne qui argumente, qui donne son opinion !

Jean Charest s’est dit touché par ce qui a été exprimé. Moi ce qui m’attriste, c’est ce qui ne l’est pas. Pourquoi les opinions, les mécontentements sont si rarement exprimés directement à la ou aux personnes concernées ? Pourquoi autour d’une table chez des amis, les conversations son animées, les arguments fusent, on exprime nos frustrations, nos craintes, et qu’au moment où la personne responsable et qui a le pouvoir de changer les choses se présente devant nous, on se contente de donner une poignée de main avec notre sourire du dimanche et d’écouter sans broncher le beau discours que celui-ci a préparé pour nous endormir ?

Et remarquez, c’est la même chose partout. Dans les corridors au travail, ça chuchote, ça se plaint, le patron est comme ci, la philosophie de la boîte est comme ça. Au souper de filles, le chum de l’autre a fait ci, on en a assez de l’attitude de celle qui n’est pas là. Mais à la réunion d’équipe ou devant celle-là, silence. Tout le monde fait comme si rien n’était. Personne ne veut avoir les projecteurs sur lui. Tout le monde y s’aime. Tout le monde il est content ! Et, juste après, il y en a trois qui se retrouvent dans les toilettes et ça recommence… puis il y en a qui écrivent anonymement dans un blog… Haaa parce que des opinions ! Ça on en a !

dimanche 4 mars 2007

On n'est pas prévoyant !

On n’est pas prévoyant ! Combien d’accidents seraient évités si on pensait juste un peu plus loin. Hier, c’était le grand déneigement, après 35 cm de neige tombée. J’étais à pied, je traversais la rue pendant qu’un camion rempli de neige derrière moi a voulu tourner à gauche et croiser ma route. Il avait tout prévu, semble-t-il, la vitesse à laquelle j’avançais, le temps que je prendrais pour traverser, le moment où il pourrait s’élancer, sa vitesse d’accélération maximale pour passer juste au moment où j’allais terminer mon parcours. Oui, il avait tout prévu, à la seconde près. Et c’est bien là le malheur ! Si mon sac était tombé, si mon talon avait glissé sur une plaque de glace, si mon téléphone cellulaire avait sonné, et si, et si. La seconde d’hésitation, les si, pourquoi on ne les prévoit pas ? Pourquoi ne prévoit-on pas, j’allais dire l’imprévisible, mais ce n’est pas le cas puisque c’est tout à fait probable, que je tombe sur la glace, c’est l’hiver ! Que mon cellulaire sonne, ça sonne toujours ces affaires-là ! C’est fait pour ça ! Qu’un ami me reconnaissant, m’interpelle. Et voilà, l’hésitation qui aurait pu m’être fatale ! L’an passé 2 personnes sont mortes du déneigement.

Ça me fait penser à une plainte que j’ai faite l’an dernier à la STM, un peu pour la même affaire. Un autobus cette fois, encore en hiver, qui s’élance avant que le feu soit vert. De l’autre côté de l’intersection, des piétons qui traverse face à lui. Traînant derrière, une mère, les paquets d’un bras et son jeune enfant marchant derrière en lui tenant l’autre main. Quand l’autobus est arrivé à leur hauteur, ils n’avaient pas encore gagné le trottoir. Il s’en est fallu de peu ! Mais le chauffeur avait lui aussi tout calculé. Et si l’enfant avait échappé le toutou qu’il tenait dans ses bras, s’il avait vu un bloc de glace par terre qu’il avait voulu ramasser…. Improbable ? Pas du tout ! Il suffit de regarder un jeune enfant de 3 ans pendant 30 minutes pour comprendre que c’est tout à fait possible, et même très probable. J’ai connu un gars qui, en voiture, partait comme l’autobus avant que le feu ne soit vert, mais en plus, il passait sur la jaune quasi rouge. Et s’il s’était rencontré sur la route !

Et, il n'y a pas que les automobilistes qui prennent des chances. Prenez les piétons qui traversent à la course entre deux voitures, les cyclistes qui brûlent la rouge pour éviter de s'arrêter. Il y en a qui prévoient même, qu'en tant qu'automobiliste, on les aura vus et on aura eu le temps de ralentir ou d'appuyer sur les freins pour les éviter ! Avez-vous penser que c'est de la glace qui se trouve sous noss roues ? On n’est pas prévoyant. Heureusement, on est chanceux ! Combien de personnes rentrent tranquillement chez eux en ayant, dans la journée, frôlé la catastrophe ?!

Mais d’autres le sont moins, chanceux. Le petit garçon de Québec, mort seul dans la tempête. Et sur la route… à chaque tempête, des gens se tuent, en voiture, sur les routes où la conduite est périlleuse. Chaque fois la même question : pourquoi ? Pourquoi sortir un jour de tempête, alors qu’on a plus de chances d’y rester que de gagner le gros lot à la 6/49 ? Pour le boulot, l’école, le souper d’anniversaire prévu depuis 2 mois ? Pourtant, on en achète des billets de loterie, on y croit au million, et si ça m’arrivait à moi… mais l’accident, lui, il arrive aux autres !

Insouciance ? Allez comprendre ! On a autorisé le virage à droite au feu rouge en sachant que le taux de mortalité allait augmenter, alors que dans les hôpitaux, on s’efforce à sauver le moindre individu !

Et c’est la même chose pour notre corps. On le gave de chips, de gâteaux, de bigs mac, d’OGM et de produits chimiques. On ne mange pas de fruits, juste parce qu’on n’aime pas ça. On ne fait pas d’exercice, on préfère la télévision. Et on est surpris de faire du diabète, des pierres aux reins ou d’avoir mal au dos. Et les urgences et les listes d’attente pour voir un médecin qui débordent…

Pourquoi prendre ces risques ? Qu’y a-t-il de grave ou de si difficile à rester chez nous un jour de tempête ? De manger des fruits et des légumes ? D’attendre que le piéton soit en sécurité sur le trottoir avant de tourner ? De retirer le couvercle de la boîte de conserve pour éviter de s’y couper ? J’écoutais la chargée de campagne du parti québécois, fière de dire à la télévision que, jour de tempête ou non, l’agenda restait le même. Rien ne les arrêtait ! Ça me rassure beaucoup de voir qu’à ce parti, on est sûr de gagner à la roulette russe ! Et on essaie de faire comprendre à nos jeunes que de respecter les limites de vitesse, ça peut sauver des vies. Comme eux, on persiste à croire qu’on est invincible ?

Et on continue de s’endetter, de faire la guerre, de polluer, d’exploiter les sables bitumineux, de produire des gaz à effet de serre. Avez-vous remarqué comment les gens risquent toujours un coup de trop au Banquier ? Vraiment, on a le goût du risque. Laissez-vous votre enfant jouer avec des allumettes ? Alors pourquoi, devenus adultes, on joue avec le feu, le gaz et l’huile en même temps ?

dimanche 18 février 2007

Le foutu monde des bas


Les bas existent pour nous emmerder ! Je viens de finir de ramasser un lavage que j’avais mis à sécher. Pratiquement que des bas. Et bien il y a de ces mystères qui, je crois, ne seront jamais résolus ! C’est le cas des bas. Ces petites choses qui semblent, à prime abord, bien innocentes, et bien, elles rient de nous autres, carrément !

Tout le monde connaît la classique du nombre impair de bas qu’on sort de la laveuse ou de la sécheuse. La fameuse chaussette qui reste après avoir plié toute la lessive. Où se trouve sa semblable ? Dieu seul le sait. Disparue, volatilisée. Sûrement dans le monde parallèle des bas ! Parce qu’il doit exister ce monde de l’autre dimension. Il n’y a pas d’autres explications possibles !

Et si ce n’était que ça. Je soupçonne qu’il y ait plus d’un bas vagabond. Avez-vous déjà remarqué que vos chaussettes n’ont plus tout à fait la même allure au fur et à mesure des lavages ?

Pour en finir enfin avec la recherche infernale des couples avant de les marier et de les mettre dans le tiroir, j’ai acheté, pas 2, pas 12, 18 paires de bas. Tous pareils, noirs, à mi-jambe avec un tit élastique en haut. Rien de plus simple. Je pensais bien avoir enfin trouvé le bonheur. Et bien, ça a pas pris 5 lavages, il y en avait pu un de pareil ! Un trop grand, un trop court, un tout mottonné, un élastique étiré, un délavé… Pu moyen de faire des paires ! Ces petits culs-de-sac pour les pieds semblent non seulement disparaître dans un autre monde, mais là où ils vont, il semble s’y dérouler un méchant party ! Et ils nous reviennent comme une gang d'ados un lendemain de veille !

Quand vous fermez le couvercle de la laveuse, savez-vous vraiment ce que vos chaussettes s’apprêtent à faire ? Le tit bas qui reste tout seul, c’est le tit zouf qui a pas compris qu’il aurait mieux fait de rester avec son chum là-bas !

Ben là, ça vient de finir ! Il y a toujours ben des limites à faire rire de nous autres ! La prochaine fois que je fais le lavage, je vais attacher les paires ensemble avec un tie-rap et leur donner un numéro avant de les lancer à l’eau. Et si le numéro 14 finit avec le numéro 32, pis que le numéro 25 revient tout seul tout émêché l’élastique fendu jusqu’aux oreilles ! Je plonge !