lundi 2 mars 2009

Hommage à mon père

Je n’aurais pas pu imaginer les funérailles de mon père sans musique.

Non seulement, la musique était sa vie, mais mon père vivait pour la musique. Il se levait et se couchait avec la musique. Elle était comme l’oxygène de l’air pour nos poumons, et coulait dans ses veines, comme elle coule maintenant dans les nôtres. Puisque nous aussi étant petits, on se levait et se couchait avec elle, se couchait surtout en fait…. Parce que mon père n’était pas un lève tôt, mais plutôt un couche tard. On s’endormait au son de l’Arnaque ou d’un Chopin. Il nous a appris à la lire, mais surtout à l’aimer.

Quand il ne jouait pas, il l’écoutait. Et lisait. Beaucoup. Pascal, Hawking, Reeves, L’Imitation de Jésus-Christ, la Bible qu’il a lue… 3 fois ? Il adorait apprendre. Je dirais encore qu’il vivait pour apprendre. Il affectionnait particulièrement les sciences, surtout l’astrophysique. Les forces universelles, la relativité et les quarks le fascinaient. Il nous a appris à aimer les orages, en les admirant, mais surtout en nous faisant découvrir le phénomène. Il aimait tenter de percer les grands mystères. Ô combien de discussions sur le Big bang, la théorie de l’évolution ou le mouvement perpétuel ! Mais aussi sur les extra-terrestres ! Parce qu’il a eu sa passe ésotérique. Il l’aura scruter le ciel au chalet dans l’espoir d’en voir enfin passer une, une soucoupe volante !!!

Il aimait la discussion, mais aussi l’argumentaire : le débat. Débat d’idées. Sur la religion, la philosophie, la psychologie, la société… la politique ! Libéral jusqu'à la moelle, je donnerais cher pour avoir son opinion sur les pertes désastreuses de la caisse de dépôt et de placement ! Il n’existait aucun tabou pour mon père, tout était sujet à discussion. À travers ces innombrables obstinations, mon père nous a livré un autre de ses précieux héritages : la liberté d’opinion et de pensée, « le libre arbitre » comme il disait. Il nous a appris à moi et à mon frère à faire fi des réflexions toutes faites, à douter, à chercher, à vérifier, pour finalement forger notre propre opinion… qui ne s’avérait pas nécessairement la même que lui… pour son plus grand bonheur j’en suis sûre ! Parce qu’à travers ses débordements et ses emportements enflammés, on traduisait son plaisir d’avoir trouvé un adversaire à sa hauteur…

Jeune, ce fût aussi un sportif. Un passionné de hockey. On a d’ailleurs appris avec lui à patiner très jeune. Il avait même fait une patinoire dans notre cour à Terrebonne. Il aimait jouer au baseball, « à balle » comme il disait. Et on a joué aussi, au hockey, patinage artistique, baseball, soccer, piano… Et toujours il était là pour nous encourager. Et pour ça, il en avait de la gueule ! Mes coéquipières s’enquéraient de la présence de mon père bien avant la mienne pour un prochain match important de balle-molle ! Il nous aura même fait gagné la coupe une année !

Puis, il y a eu bien sûr la maladie. L’arthrite rhumatoïde dont il a souffert près de 25 ans. Les opérations aux hanches, un infarctus et un quadruple pontage, un AVC, un décollement de la rétine. Ses souffrances l’auront ramené à la religion. À Dieu, sans qui le Big bang n’aurait pu être possible.

Et la séparation d’avec ma mère, l’aura ramené au pays de ses frères et sœurs. Il aurait tant voulu que l’amour entre eux soit plus facile.

Il était reconnu pour sa tête de cochon. On le percevait orgueilleux. Je dirais aujourd’hui plutôt doté d’une immense sensibilité qui l’a poussé à se protéger.

Mon père aura été un exemple de persistance. Jusqu’au dernier moment, il aura joué de la musique. Il accompagnait les Violons et jouait dans un foyer de personnes âgées. Au début de l’année, il m’a déclaré, ne s’en sentant bientôt plus capable, qu’il devrait bientôt s’arrêter. Qu’il ne pourrait bientôt plus lire non plus. Il aura semble-t-il préféré tirer sa révérence plutôt que de se retrouver sans musique ou de nouvelles connaissances à respirer.

À nous maintenant de prendre le relais. Il nous a légué, à mon frère et moi, de précieux grains et outils qui font en grande partie ce que nous sommes. À nous à présent d’en cultiver le meilleur. Pour reprendre l’image de Newton, portés sur tes épaules de géant, nous sommes maintenant en mesure de voir très loin.

Le paradis, tenez-vous bien,
V’là mon père !
Préparez bien vos réponses sur la création de l’univers, et sur Jésus-Christ !
Si c’est vrai qu’on ne s’épuise plus au ciel,
Vous avez pas fini de vous faire cuisiner !

Et vous sur Terre, quand vous entendrez à nouveau le tonnerre, dites-vous bien que cette fois, c’est vrai que c’est mon oncle Jean-Guy qui déménage son piano, pour aller jouer un reel ou une bastringue au 7e ciel avec mon oncle Marcel, grand-papa et grand-maman Leroux !

Seigneur ! Comme dirait Jim Corcoran : J’espère qu’ils vendent d’la bière au ciel !

Je t’aime pas papa, je t’adore !!

* * * * * * * * * * * * * *
Jean-Guy Leroux est décédé le 20 février 2009 à l'âge de 74 ans moins 2 jours.

mardi 6 janvier 2009

Drame à Saguenay - le vrai coupable

Drame familial à Saguenay. La femme est accusée du meurtre de ses enfants.

Je ne voulais pas écrire là-dessus, mais ma collègue, ce matin, a ravivé ma déception face à la couverture de ce drame. « Pauvre dame ! » comme elle m’a dit. « Elle va, en plus, être accusée et purger sa peine, c’est le cas de le dire, en prison. » C’est là que ça m’a frappé de nouveau : pourquoi, alors que l’opinion publique semble en majorité du côté de cette femme désespérée, celle-ci fera face à la justice, mise en place en quelque sorte par les représentants de ce public, comme tout autre criminel ? Bon, le jugement n’est pas encore rendu, mais il serait surprenant qu’elle s’en sorte indemne. Alors, pour qui purgera-t-elle sa peine ? À qui servira-t-elle si personne ne souhaite vengeance ? Qui soulagera-t-elle quand, au contraire, tout le monde semble souffrir un peu avec elle ?

Ça me rappelle le jeune garçon dont j’avais parlé qui, à cause de vitesse au volant, a tué une fillette le jour de ses 18 ans. Ou le gars qui a aidé son oncle à mourir à Alma. Le système judiciaire d’un peuple est donc lent à s’adapter au peuple !

Pendant ce temps, les vrai coupables, eux, s’en sortent : le tabou de la maladie mentale et le manque de ressource dans ce cas-ci; l’insouciance de la jeunesse dont on ignore comment la contourner pour le jeune automobiliste; l’absence d’écoute de la volonté à mourir des personnes atteintes de maladies incurables.

Aux nouvelles, on demande encore : « Aviez-vous remarquer quelque chose qui n’allait pas ? » aux voisins, aux parents, etc. Soupir… On le sait très bien maintenant que c’est pas écrit dans le visage qu’on va pas bien ! En fait un peu, mais on fait comme tout le monde qui n’est pas toujours en forme, on se force un tit peu. C’est parce que, comme la majorité du monde, on ne va pas consulter quand le mal passe pas. Pour une mauvaise toux qui dure depuis deux semaines, on va voir le médecin. Pas agréable et pas le temps d’être mal en point, et tout d’un coup que ça s’aggrave. Pour le mal de l’âme… Ça commence tout petit et on laisse grandir. Ça va passer... qu’on se dit. Peur d’être vu comme un faible, peur de s’avouer sa faillibilité, peur de passer pour un fou. Le tabou. Encore. Et une fois rudement combattu, c’est 90$ la consultation et si t’as pas les moyens, au moins un an d’attente sur une liste…

Ce sont de ces vrais coupables que j’aurais aimé qu’on parle aux nouvelles…

vendredi 4 avril 2008

Suicide au casino : la vraie nouvelle

Bon, encore une nouvelle qui n’en est pas une : une personne s’est suicidée en sortant du casino. Bon ok, c’est une nouvelle. Par contre, ça fait la manchette puisqu’on révèle aussi le grand malheur : deux personnes se seraient suicidées en sortant d’un des trois casinos du Québec entre 1999 et 2007. Ayoye !!! Deux personnes en huit ans ! Crime, a-t-on calculé le nombre de suicides qu’il y a en sortant de la taverne et encore, en sortant du travail ? De l’école ? Deux personnes en huit ans ! Moi je trouve que c’est franchement pas beaucoup ! Combien d’argent est investi dans les campagnes de sensibilisation au jeu compulsif ? Les publicités, les projets de loi, les rapports… On nous laisse croire ainsi que le problème est un fléau. Tout ça pour deux personnes en huit ans ? Bon ok. C’est ceux qui restent qui ont besoin de support. D’accord. Par contre, n’y a-t-il pas d’autres problématiques qui causent davantage de morts, comme la maladie mentale, le cancer où l’on pourrait investir plus intelligemment davantage d’argent ?

20 000 québécois meurent du cancer chaque année.
12 000 meurent des suites du tabagisme.
1300 se suicident.
700 meurent sur les routes.

En 2003, on a autorisé le virage à droite au feu rouge, alors qu’un dossier présenté par La Direction de la Santé Publique du Québec prévoyait un mort au Québec aux deux ans. Ce qui veut dire quatre en huit ans. Et on l’a autorisé pareil. Maintenant, pour deux morts en huit ans, on est prêt à interdire les casinos et à condamner l’implantation de nouveaux ? Expliquez-moi quelqu’un !?

Et on essaie de nous faire croire, en plus, en lançant cette grande primeur en première du Téléjournal de Radio-Canada que le casino est le grand coupable de ce malheur. Qu’est-ce qui me prouve que c’est à cause qu’il a perdu au jeu que l’homme s’est enlevé la vie. S’il était sorti du dépanneur, est-ce qu’on aurait accusé cet établissement ? On tire des conclusions rapides à chaque fois que deux variables sont présentes en même temps. Mais, comme on apprend en sciences, ça veut pas dire que l’une cause l’autre. Pour moi, la vraie coupable, c’est la même qui pousse vers l’alcool ou la drogue, c’est la détresse psychologique. C’est au bien-être mental qu’on doit s’attarder. Quand il n’y en a plus, c’est tout de suite qu’on doit chercher et trouver de l’aide.

La vraie nouvelle
Qu’on me comprenne bien, je ne dis pas qu’on doit abandonner les personnes atteintes du jeu compulsif, par contre, les chiffres qu’avancent les journalistes ce soir ne justifient pas autant d’argent investi. Deux suicides en huit ans, c’est le chiffre dévoilé par Loto-Québec qu’on a acculé au coin du mur pour qu’il démontre davantage de transparence sur ce dossier. Le Bureau du coroner du ministère de la Santé publique fait état quant à lui de 25 à 30 suicides par année dont le jeu pathologique serait un des facteurs. Alors avec nos 0,25 suicides par année au casino, soit que les journalistes font une tempête dans un verre d’eau, soit que Loto-Québec est avare des réelles statistiques, et si c’est le cas, la voilà, la vraie nouvelle !

dimanche 17 février 2008

Pelletée de lait !


Je viens de finir de pelleter avec la rage au ventre et le feu au derrière ! Une heure et demi Câl… ! À pelleter du gros sel, les adducteurs criant le martyr, pour permettre à ma super voiture de sortir de son trou ! J’étais sensée aller voir mon frère et son bébé que j’ai pas vu depuis un mois !

Maudit que vous avez le don de faire sortir le méchant et de nous donner juste la drive qui faut pour faire la job ! Ça fait pas 15 minutes que je rush sur le deux pieds de calvaire qui me sépare de mon char, qu’ya ti pas un bonhomme qui passe et qui me dit un beau bonjour en se penchant solide dans mon champs de vision pour être sûr que je le vois : « C’est pas drôle hein la neige en ville… » Ben non hein… c’est pas drôle… C’est tout ce que t’as à me dire ? Que je pense en lui faisant un demi-sourire. Et on change de vitesse, on tombe en deuxième. Passe alors une Civic qui cherche un stationnement, le chauffeur s’étire pour voir où je suis rendue. J’commence ost…. ! On passe en troisième.

Arrivée enfin à la portière, passe l’autre bord de la rue un groupe de trois gars, qui, ensemble et un tantinet de volonté, me clairerait ça en 10 minutes ! Pris d’un élan de compassion, ils se sentent le besoin de me la communiquer… « Que ce doit être long en cimonak ! » que l’un dit aux autres bien haut pour que je l’entende. Trop fin !! Prend donc une pelle câl… si tu veux vraiment faire quelque chose, sinon ferme ta gueule ! Ha ben là, chu réchauffée… Je te finis de déblayer le côté en 20 minutes ! Pendant ce temps-là, passe la gratte et le gars dedans qui me regarde. Lui, c’est en 10 secondes qu’il me nettoierait ça. Il passe. Le gars dans sa Civic repasse pour une 2e fois en me regardant, l’air de se dire que je pelte pas vite ! Je prends alors mon rythme de croisière !

Je suis maintenant à l’arrière quand traverse vers moi, un gars qui est allé porter ses bouteilles au dépanneur : « Ton chum t’aide pas ? » qu’il me lance avec un air de pitié. Pis toé, t’as-tu l’intention de m’aider ou juste de m’emmerder ? Comme si on avait toute un gars à la maison qui sort les vidanges, pose les tablettes pis pelte l’entrée que je pense en levant la tête. Passe ton chemin ben vite ou je t’en envoie une pelletée que je marmonne encore en lui souriant. Ça y est, je suis crinquée, en le temps de le dire je suis rendue de l’autre côté quand encore deux gars passent et se disent : « c’est pas drôle hein… » Oups ! Désolée, je visais le banc de neige ! En 10 minutes, je finis le devant, déblaie l’auto et la positionne pour sortir. Passe encore la Civic qui cette fois s’arrête. Le gars me regarde le sourire aux lèvres, les yeux pétillants, l’air d’un puddle qui branle la queue devant un biscuit ! C’est là que je change d’idée sur ma sortie. Si tu penses que je vais te laisser la place asteure qu’elle est nettoyée : F… Y...!!! En le regardant à mon tour le sourire jusqu’aux oreilles. J’appelle mon frère pour annuler.

dimanche 10 février 2008

Soirée en échappée

Bizarre de soirée. Vous savez celle où vous avez l’impression de ne jamais être au bon endroit au bon moment, d'être cinq minutes en retard sur votre destinée et de ne pas réussir à la rattraper.

Ça a commencé quand le téléphone a sonné, alors que j’étais en train de passer l’aspirateur habillée en guénille du dimanche, pas lavée, les cheveux bien collés sur la tête à cause de ma tuque que j’ai portée cet après-midi pour aller faire une petite épicerie pour le souper et chercher un film pour la soirée. Je m’apprêtais donc à passer une petite soirée tranquille à la maison. J’avais un doute tout de même en prenant Munich, durant presque trois heures. « Regarde ben ça, on va m’appeler pour sortir » que je me suis dit.

Ben voilà, je décroche et c’est Stéphane. Stéphane, c’est un nom fictif puisqu’en fait, il s’appelle Abderahim-Olivier Gagnon et avec un nom comme ça et ce que je vais raconter, vaut mieux qu’on ne puisse pas trop l’identifier… Donc, Stéphane m’invite à un spectacle de danse à 18h30 et à prendre une bouchée ou un café après. Il a ensuite un party chez une copine commune, mais bon, ne pouvant danser, vu mes tendinites, j’aime mieux pas tenter le diable. En fait, il y a une autre raison, mais bon… c’est pas le but de l’histoire. Donc, 18h30… c’est bon, je me dis que ça me ferait du bien de sortir un peu. Il est 17h15 ! Laisse l’aspirateur en plan, saute dans la douche, oublie que les serviettes sont en train de sécher dans la sécheuse !

Je m’habille à pleine vitesse. Rouge à lèvres et hop, dans un taxi. J’arrive pile ! 18h25 ! Stéphane n’est pas encore arrivé. On distribue les laissez-passer. J’en prends 2. On annonce qu’il reste une place… et hop, c’est complet ! Toujours pas de Stéphane en vue… Je l’appelle. J’ai juste le temps d’entendre : « Rentre, je te rejoins », mon téléphone meurt. C’est ce que je fais. Heu, pas je meurs… je rentre. En prenant soin de laisser le laissez-passer à son attention à la porte. Ça commence. Ça se tortille par terre. Ça a des faces de déprimés, ça se tiraille, ça joue de la perceuse pis glinglingue avec des chaînes. Toujours pas de trace de Stéphane. Maintenant, ça niaise couché sur le côté sur un tabouret à la Tuktu faisant le phoque dans un film de l’ONF! Bon, j’en ai assez. Je sors. Retrouve Stéphane qui s’était retrouvé face à une porte barrée.

Et si on allait manger une bouchée. Cherche un petit resto, bon et rapide. Le Chai, un végé thaï. On s’assoit. On regarde le menu. Avec mes allergies aux noix et légumineuses, y a finalement rien que je peux manger. On s’essaie pour un frites et moules. Il y a une file d’attente. Bref, fouillez-moi comment, on se retrouve chez Renaud-Bray où j’achète un livre et lui, un CD. 8h30. J’ai faim et un film qui m’attend chez moi. Je décide d’abandonner Abd… oups, Stéphane. Je me prends un poulet en passant pour pas avoir à cuisiner et traverse pour prendre un taxi. Là, quelqu’un crie mon nom en face de moi: « Mamadou Benanoué » tant qu’à être dans le fictif ! Une copine avec son chum. Ils arrivent du resto et s’en vont voir un show. Ils veulent que je les accompagne. J’hésite. Mais bon, puisque j’aurais dû rester chez moi tout à l’heure, autant dire non tout de suite. De toute façon avec le poulet sous le bras…

Donc, de retour chez moi. La balayeuse dans le milieu du salon, les draps sur le divan, les serviettes mouillées. Je m’installe rapidement, là où j’aurais dû être finalement… Je prends une bouchée de poulet et pars le film… Merde ! Je l’ai déjà vu !

samedi 2 février 2008

Pour en finir avec le choc des cultures !

Je viens de voir Persepolis, le film d’animation qui raconte l’histoire de Marjane Satrapi, une jeune iranienne qui a vécu son enfance à Téhéran et une partie de sa vie en Europe. Je suis sortie du cinéma avec une chose en tête : la même que celle qui m’est restée du Maroc : qu’on est donc tous pareils !!! Il suffit de se mêler aux habitants d’un autre pays, ou de visionner un film comme celui-là, pour se rendre compte que, malgré les différences culturelles ou politiques, on vit à peu près les mêmes choses. Enfant, on fait des jeux à partir de ce qu’on voit. Eux, ont inventé des marches pour ou contre le Shah, nous on marchait pour le « oui » ou pour le « non ». Adolescent, on se révolte. On a écouté, comme eux, Iron Maiden, Pink Floyd ou Mickael Jackson. Adulte, on cherche le meilleur pour nos enfants. Comparez une journée de semaine pour un marocain, un iranien, un chinois ou un québécois, on se rend bien compte que la majorité de notre temps est passé aux mêmes occupations et préoccupations : se lever le matin, déjeuner, aller travailler, faire l’épicerie, le souper, etc. En fait, on recherche tous la même chose : manger, dormir, aimer et être aimer.

Mais en même temps : qu’on est donc tous différents ! Il suffit encore de vivre ailleurs, ou de se laisser imprégner par ce film, pour se rendre compte qu’il y a partout une grande variété de gens comme il y en a ici. On se fait une image des habitants d’un pays à partir de ce qu’on voit à la télé. Une image uniforme : les africains, vivant dans des huttes, tous maigres, affamés; les chinois, peuple soumis, silencieux, sociale; les iraniens, sombres, refermés, contrôlant. Qui n’a pas été marqué par le film Jamais sans ma fille quand il pense à l’Iran ? Tout le monde sait pourtant que le québécois typique, la cabane au Canada et la tarte au sucre, ça n’existe pas ! Pourquoi y croit-on pour les autres ?!

Cette fille, cette iranienne, j’ai été touchée par son humour, décapant, intelligent, comme je l’aime. Ses réflexions me touchent, elles font références à mes propres expériences. Bref, je sens des affinités. Comme avec Ahmed, comme avec Hania, avec qui j’ai tout de suite senti qu’ils étaient comme moi, alors que pourtant, ils sont nés au Maroc, Ahmed dans un Oasis, dans une famille musulmane. Plus qu’avec la plupart des gens de ma propre culture. Plus proche que la plupart de mes voisins, plus proches que la plupart des gens de ma propre famille. Car je ne me reconnais pas moi dans Occupation double ou le banquier, je n’aime pas les Machins Drolet, CKOI ou le hockey. Je ne crois pas moi en Dieu ni aux tireuses de carte, ni en la séparation du Québec. (Car, entre nous, pour ouvrir une parenthèse, qu'est-ce que cette réelle culture que nous perpétuons à tous les jours, à laquelle nous tenons tant et que nous défendons en commission sur les accommodements ? Nos très courues émissions de télé ? Nos Canadiens de Montréal ? Nos chanteuses sorties tout droit de Star académie ? Nos pets de soeurs et notre pâté chinois ?)

Quel est ce besoin de se regrouper en clans comme des adolescents ? Ces clans qui nous séparent les uns des autres et qui nous amènent à nous sentir plus fort en même temps qu’à haïr les autres. Ces clans qui, en Allemagne, au Rwanda, en Arménie et aujourd’hui au Kenya, nous amènent à nous entretuer. Comme si on devait toujours prendre parti. Soit noir soit blanc, soit rouge. Lorsqu’il y a tellement une variété de couleurs… Partout ont trouve des clans. Dans les cours d’école, dans les arénas, dans la rue, entre patrons-syndicats, hommes-femmes, les bons-les méchants. La politique est construite sur ce fondement de regroupement. Tu dois faire partie d’une gang pour être plus fort, en adopter la ligne, même si tu n’en partages pas toutes les idées. Et après, on joue à s’affronter. Le parti au pouvoir prend des décisions et le parti à l’opposition... s’oppose, parce que c’est son rôle de dire noir quand l’autre dit blanc. Pourtant, le monde bénéficierait tellement d’un éventail de couleurs…

Marjane Satrani sait de quoi elle parle lorsqu’elle crie haut et fort : « Mort au choc des cultures ! ». Elle se plaît à dire que le film est né du métissage entre deux êtres s’opposant totalement sur papier : elle, une femme, iranienne, et lui, Vincent Paronnaud, homme, français. Selon elle, il n’y a qu’une chose qui fait que des gens se rapprochent : leur intelligence. Je dirais plutôt que les gens se reconnaissent et se rejoignent par leurs affinités, qu'elles se définissent par le partage de valeurs, de leur curiosité, leur créativité ou de leur intelligence.

La culture, telle qu’on la perçoit actuellement, est histoire du passé. Pour définir notre culture, on regarde en arrière, notre histoire, nos luttes, nos poètes, nos bâtisseurs, nos musiciens. Ne pas la renier bien sûr. Elle fait ce que nous sommes au présent. Mais pourquoi l’empêcher de grandir. À quoi bon garder nos recettes de tourtière et de soupe au pois, notre musique à bouche et même notre langue, si c’est pour nous isoler les uns des autres, pour nous renfermer dans un clan et vivre d’intolérance envers la différence et sa soit dit menace.

On doit maintenant regarder vers le futur. L’avenir, lui, est à faire. La culture doit vivre, muer. On vit de plus en plus entourés des autres. On doit accepter le métissage. Déjà on le perçoit, non seulement dans le cinéma, mais dans la musique, la gastronomie… et c’est si bon ! C’est ça l’évolution. Et il en va de même de notre langue. On oublie que la langue à laquelle on tient tant est elle-même le produit d’un métissage de plusieurs langues : norois, franc, occitan, latin, saupoudré d’anglais, d’arabe et de grec. Alors pourquoi la retenir ? Laissons-la vivre, se mêler aux autres, elle sera à son tour des ingrédients de la langue future. Peut-être est-t-il la meilleure façon de la garder un peu.

mardi 8 janvier 2008

Alerte ! Patates frites au ministère !!!

Et ça recommence ! Ce soir aux nouvelles, TVA dénonce le menu de la cafétéria du ministère de la santé qui offre, non seulement un feuilleté au saumon et légumes, et autres bons choix menu santé, mais aussi des patates frites et hamburgers ! Ho sacrilège ! Y avez-vous pensé, de la malbouffe au ministère de la santé !!

Seigneur ! Je ne dis pas s’ils n’avaient que ça à manger, mais crime, peuvent-ils conserver la liberté de manger ce qu’ils veulent ! On va pas se mettre à mesurer la quantité de calories que consomment des adultes majeurs et vaccinés sous prétexte qu’ils doivent montrer l’exemple et ce, du simple fait qu’ils travaillent pour le ministère de la santé. Ça frise le pied de nez à la charte des droits et libertés.

Pourquoi ne pas leur interdire de fumer tant qu’à y être !! Et les obliger à faire du jogging sur l’heure du dîner… ça serait winner pour l’éducation du public ! Avez-vous aussi pensé à étendre l’interdiction à tous les professionnels de la santé ? Les médecins ? Les ambulanciers ? Pis à part de ça, on y va tu au ministère de la santé !? Avant qu’un ti-coune de journaliste décide d’aller y foutre sa caméra, personne ne savait ce qu’on y mangeait ! D'habitude, les bureaux de ministères ne sont pas accessibles à monsieur et madame tout le monde. Il ne s'agit pas de lieux publics comme un hôpital ou une pharmacie. Alors, à qui voulez-vous qu'ils servent de modèle ? À moins que monsieur le journaliste y retourne régulièrement, qu'on y mange de la poutine, du chien ou du tofu, ça change rien: on le sait pas !

La nutritionniste interviewée dans le reportage a soutenu qu’on pouvait s’offrir une petite gâterie de temps en temps, mais pas dans notre lieu de travail ! Quand même ! Qui a dit que les gâteries on devait se les offrir seulement entre 5h le vendredi soir et 8h le lundi matin? La nutritionniste a même ajouté qu’on pourrait tout de même offrir à ces travailleurs une alternative malbouffe une fois par mois !!! Wow ! Non mais, ils peuvent tu décider eux-mêmes quand est-ce qu’ils veulent se l’offrir leur petite gâterie ! Si ça se trouve que c’est jeudi 23 octobre que Jo-Binette chargée de projet vient de se payer une engueulade solide avec le commis qui se prend pour le futur chef du département après avoir passé 4 heures à ne pas trouver la foutue erreur qui fait que son budget ne balance pas et qu’elle a une satanée envie de bouffer ses émotions dans un maudit bon gros hamburger ben graisseux, a peux-tu !!!!!!


* Je termine mon texte et tombe sur ce grand titre du journal : « Une ville du Missouri veut interdire les jurons dans les bars ». Soupir !